Couple : cohabitation et mariage n’améliorent pas le bien-être

Supposons que les personnes en couple soient généralement plus heureuses et satisfaites que les célibataires; ce qui n’était pas encore totalement clair, en revanche, était de savoir si le mariage contribuait à accroître le bien-être, ou si le simple fait d’être ensemble suffisait à être épanoui.

Or une étude publiée dans le Journal of Personality a apporté une réponse à cette question, montrant que le mariage et la vie en couple ont peu d’influence sur la satisfaction de vie, et que c’est bien le fait de débuter une relation romantique avec quelqu’un qui augmente fortement notre bien-être.

L’étude. Pour parvenir à ces conclusions, les auteurs ont analysé les données relatives à des milliers d’habitants d’Allemagne et du Royaume‑Uni recueillies respectivement entre 1984 et 2019 et entre 2009 et 2019. De celles-ci, ils ont tiré un échantillon de 1 103 couples sans enfants qui avaient commencé à cohabiter avant de se marier. Chacun des participants a déclaré son niveau de satisfaction de vie sur cinq années, l’année centrale étant celle au cours de laquelle il avait commencé à vivre en couple.

Bien-être au sommet. Les résultats montrent que les couples atteignaient le pic de satisfaction l’année où ils emménageaient ensemble pour la première fois ; par rapport à deux années auparavant, lorsqu’ils étaient célibataires et vivaient seuls, les niveaux de bien-être s’élevaient de manière significative. Au cours des deux années suivantes, la satisfaction diminuait légèrement, mais restait néanmoins à des niveaux bien supérieurs à ceux observés lorsque les partenaires vivaient séparément.

La prochaine étape consistait à déterminer si c’était vraiment la cohabitation qui augmentait la satisfaction de vie, ou non: il est apparu que l’événement associé à un pic de bien-être pour les partenaires était en réalité la formation du couple, et que la cohabitation maintenait ce niveau sans l’augmenter davantage.

Et le mariage ? Dans ce contexte, le mariage aurait un rôle pratiquement nul – du moins ces dernières années : pour les couples qui se sont mariés vers 1993, en effet, les noces étaient associées à une augmentation temporaire du bien-être l’année suivante; mais dans les années les plus récentes cet effet était absent, preuve que, au fur et à mesure que la cohabitation hors mariage a été acceptée par la société, la contribution des mariages au bien-être s’est réduite.

Quelques limites. Les mêmes auteurs reconnaissent que l’étude présente certains biais, comme le fait qu’elle repose sur des données corrélationnelles (qui mettent en lumière une association, mais ne démontrent pas une causalité) et que le bien-être des partenaires pourrait être lié à d’autres facteurs non pris en compte.

De plus, les participants étaient uniquement allemands et britanniques, donc les résultats pourraient ne pas être universellement transférables à d’autres pays.

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