La scuola dell’infanzia devrait être capable de proposer des expériences qui prennent en compte les besoins et les capacités spécifiques des enfants qui y fréquentent
Il est utile d’emblée de préciser qu’il faut éviter tout risque de mimétisme anticipé de l’école primaire par l’école maternelle, un risque et une modalité d’interprétation de cette relation bien plus vaste et répandu qu’on ne l’imagine.
Nombreuses sont les écoles maternelles qui, par leurs modalités organisationnelles, par l’orientation de la relation enseignants-enfants, par leurs approches méthodologiques, par leurs pratiques, surtout avec les enfants de l’avant-dernier année, ressemblent plus à de petites écoles primaires.
La hâte est une mauvaise conseillère
Une approche souvent soutenue par la hâte et par la « volonté anticipatrice » de nombreux parents, sous la pression d’une culture de la rapidité, de la compétition, du besoin d’arriver « premiers ». Dans certains cas, ces écoles ressemblent totalement à d’anciennes « primines », ces classes peu utiles pour les enfants qui entrent à l’école primaire à cinq ans, soit un an avant l’âge légal d’obligation scolaire.
La meilleure façon pour une école maternelle de préparer ses enfants au niveau scolaire suivant est d’appliquer une approche de qualité qui, dans notre pays, s’est réalisée et développée à travers des réalités et des expériences les plus innovantes (par exemple des structures qui privilégient une pédagogie active et des projets communautaires, les réseaux d’écoles publiques et privées engagées dans l’innovation pédagogique, les pratiques Montessori). En France, cela signifie s’appuyer sur une démarche qui place l’enfant comme sujet de droits, qui interagit avec ses pairs, avec l’environnement et avec la culture et qui, grâce à ce tissage, construit son identité, acquiert son autonomie et développe des compétences nourries par ses potentialités.
Les enfants au centre
Pour réaliser tout cela, il faut partir des enfants et de leurs idées, les mettre au centre du travail scolaire. Autant les enfants de cette tranche d’âge peuvent s’expérimenter dans des activités, des expériences, des découvertes et des apprentissages de qualité par une approche ludique, dans le cadre d’un réseau riche de relations sociales avec leurs pairs, avec les adultes, avec l’environnement et avec les objets culturels, autant ils s’approprieront les compétences de base nécessaires pour aborder les apprentissages des niveaux suivants, pas seulement ceux de l’école primaire.
À l’inverse, les anticipations de formes organisationnelles et méthodologiques propres à l’école primaire, surtout si l’on se réfère à un modèle traditionnel de cette école, produisent un effet contraire et contre-productif, car elles obligent les enfants à fonctionner selon des modalités « rigides », éloignées de leurs besoins réels et introduisent une « artificiosité » qui, fréquemment, même dans les premières classes d’école primaire, provoque chez eux une aversion pour le travail scolaire, pour la lecture et pour l’étude. Par exemple, il convient de réfléchir à l’existence d’une relation entre la manière dont les enfants apprennent à lire et écrire en première année et les données statistiques qui indiquent notre pays comme l’un de ceux où la lecture est la moins fréquente.
Tournant retour à l’école maternelle, ce qui précède ne vise pas à céder à une idée de l’école maternelle comme lieu de « frivolités », mais bien au contraire à proposer une école capable d’offrir des expériences et des activités qui prennent en compte les besoins des enfants tout en restant adaptées à leurs capacités, capable de proposer des activités intéressantes et à la hauteur des centres d’intérêt des enfants.
Compétences de l’enfant à 4 et à 5 ans
Les enfants à 4 ans, en général, sont capables de :
- enfiler dix billes ou raisins secs dans une petite bouteille en moins de 20 secondes
- découper une bande de papier de 2,5 cm avec une précision de 1,5 mm
- faire des cabrioles
- saisir à la main une balle qui leur est lancée (sans qu’elle ne rebondisse sur leur corps au préalable)
- faire un saut en longueur de 60 cm sur place
- retenir quatre chiffres dans l’ordre
- utiliser le langage parlé de manière compréhensible à environ 90 %
- copier un carré au marqueur
- dessiner une ou deux lettres et chiffres
- s’enlever seuls chemises et pulls
- se mettre correctement des chaussettes
- se laver et s’essuyer efficacement le visage et les mains
- se peigner et se brosser les cheveux
- mettre les vêtements sales dans le panier à linge
- cuisiner la table avec l’aide d’un adulte
À 5 ans, toujours en général, ils sont capables de :
- enfiler dix billes ou raisins secs dans une petit bouteille en moins de 18 secondes
- découper un carré avec une précision d’1 mm
- courir en évitant les obstacles
- courir en sautillant avec un pas alternatif
- rester sur un seul pied pendant 10 secondes
- compter correctement jusqu’à dix objets
- écrire leur nom en lettres majuscules
- dessiner un visage reconnaissable avec les yeux, le nez et la bouche
- boire à une fontaine sans aide
- manger seuls et porter un plateau avec leur assiette sur celui-ci
- se nettoyer après être allé aux toilettes
- s’habiller sans aide
- faire le premier nœud pour attacher leurs chaussures
- voir dans les deux directions avant de traverser la rue
- se baigner ou prendre une douche lorsqu’on leur rappelle
Les propositions de travail doivent tenir compte de ces capacités afin qu’elles puissent être efficacement et régulièrement expérimentées et pratiquées par les enfants, dans le but de les affiner et de les développer: c’est la manière la plus efficace de se préparer à l’école primaire.