Un régime fondé sur du riz complet et des lentilles, pauvre en aliments transformés, peut « éteindre » le diabète dans 43% des cas. Au Népal, un plat traditionnel est en passe de dépasser les médicaments.
Un plat simple et économique au cœur de la tradition culinaire népalaise aide les autorités sanitaires du pays à lutter contre la diffusion du diabète de type 2, lié à l’avancée d’aliments malsains et trop caloriques. Dans un pays où une personne sur cinq est atteinte de diabète et où les médicaments pour traiter le diabète sont, pour des raisons socio-économiques, souvent inaccessibles, deux études pilotes ont misé sur le retour aux plats pauvres de l’origine comme « cure » pour le diabète de type 2. Obtenant des résultats surprenants, tant à l’hôpital qu’en dehors des hôpitaux.
Comme le rapporte un article sur le site du Guardian, d’après une étude pilote et un essai encore en cours sur des patients atteints de diabète de type 2 au Népal, l’adhésion à un régime traditionnel, principalement composé de plats à base végétale avec du riz et des lentilles, associée à une perte de poids (modeste) a permis de mettre le diabète en rémission pendant plusieurs mois chez des patients qui en souffraient déjà. Avec l’avantage d’être pratiquement applicable partout et aisément intégrable dans le mode de vie.
Si la guérison commence par l’alimentation
La prévalence du diabète de type 2, caractérisé par une glycémie élevée dans un contexte d’insulino-résistance et une faible sensibilité des cellules à l’action de l’insuline, est en augmentation rapide, surtout dans les pays à revenu moyen ou faible, en raison de facteurs tels que l’urbanisation, une augmentation de la sédentarité, l’obésité et des régimes hypercaloriques mais pauvres sur le plan nutritionnel.
Dans ces contextes, le diabète est souvent mal diagnostiqué et traité de manière discontinue, avec une cascade de complications à long terme (maladies rénales, problèmes de circulation avec atteinte des extrémités, cécité). D’où le poids collectif du diabète, à la fois sanitaire, social et économique.
Après avoir démontré avec succès au Royaume‑Uni qu’un régime à faible apport calorique, avec une perte de poids substantielle, peut mettre en rémission le diabète de type 2 chez des patients atteints depuis des années, un groupe de scientifiques de l’Université de Glasgow (Écosse) a collaboré avec les médecins de l’Hôpital de Dhulikhel, au Népal, pour tenter l’approche dans ce pays d’Asie. Là, la prédisposition génétique au diabète est plus élevée et cela signifie deux choses : il faut un poids moindre pour augmenter le risque de diabète, mais il faut aussi en perdre moins pour éloigner la maladie.
Riz et lentilles
Les participants des études ont dû suivre pendant huit semaines un régime avec une réduction quotidienne de 850 calories par rapport au régime alimentaire antérieur, qui comprenait typiquement un petit-déjeuner avec yaourt et fruits et des repas principaux à base de riz et de lentilles (les ingrédients du dal bhat, un plat traditionnel népalais).
À l’issue de ce programme plus restreint, les participants ont suivi pendant une période une version légèrement plus calorique de ce même régime, afin de maintenir la nouvelle forme physique acquise.
Durant l’étude, les participants ont été suivis par des dépistages réguliers et des groupes de soutien, et ont reçu des outils pour mesurer les portions de nourriture. Ils ont perdu en moyenne 4‑5 kg (et ce n’était pas une chute spectaculaire comme les 15 kg perdus par les patients de l’étude britannique précédente) et, dans environ la moitié des cas, ils ont atteint la rémission du diabète de type 2. L’expérience a été tentée dans deux contextes : dans une étude pilote sur 70 patients diabétiques en milieu hospitalier, qui s’est conclue avec 43% des participants en rémission pendant au moins 4 mois, et un second essai encore en cours sur 120 personnes non hospitalisées, qui donne des résultats similaires.
Le mérite de la simplicité
Les deux essais ont fortement insisté sur une approche alimentaire disciplinée, axée sur les habitudes de la tradition et le renoncement aux aliments transformés et riches en sucres et en graisses. Pour leurs caractéristiques, l’adhésion à ce programme n’exige pas de contact régulier avec le personnel de santé : les participants ont été suivis par des bénévoles connus et intégrés dans les communautés locales.
De plus, il a été encouragé de privilégier le riz complet au riz blanc et travaillé, car le premier apporte davantage de nutriments et des niveaux plus élevés de vitamine B1, essentielle pour le métabolisme des glucides. Désormais les auteurs de l’étude cherchent à comprendre si la même approche peut servir à prévenir l’apparition du diabète de type 2.