Directrice de la Réserve fédérale renvoyée par Trump : la Cour suprême devrait se ranger derrière Lisa Cook


Lisa Cook

La directrice de la Fed licenciée par Trump
La Cour suprême devrait se ranger derrière Lisa Cook

Date : 22.01.2026 11:51

La Cour suprême des États-Unis a clairement pris position : une majorité de juges semble prête à rejeter la demande d’injonction de Trump visant à destituer Lisa Cook.

La Cour suprême des États-Unis a exprimé mercredi de sérieux doutes quant au pouvoir du président Donald Trump de destituer la directrice de la Fed, Lisa Cook.

Non seulement des juges progressistes, mais aussi des juges conservateurs ont manifesté des réserves face aux accusations du gouvernement et ont souligné la particularité constitutionnelle et l’indépendance de la Réserve fédérale.

Lisa Cook pourrait rester en poste pour l’instant

Les observateurs estiment désormais probable que la Cour suprême rejette la demande d’injonction de Trump. « À la fin de l’audience d’environ deux heures, beaucoup de juges semblaient vouloir avant tout savoir comment la Cour accorderait justice à Cook – et non si elle le ferait – et à quelle vitesse son litige serait tranché », rapportait CNN.

Cependant, il demeure incertain de savoir si les juges renverront l’affaire devant les juridictions inférieures ou s’ils décideront directement que Trump n’avait pas de motif valable pour destituer Cook. La Cour a laissé entendre que Cook resterait en fonction tant que son litige contre la tentative de destitution de Trump se poursuit.

Les accusations de Trump constituent-elles un « motif valable » ?

Trump avait annoncé en août la destitution immédiate de Lisa Cook du conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine, l’accusant d’avoir fourni des informations trompeuses lors de l’octroi de prêts immobiliers. Il s’appuyait sur une clause du Federal Reserve Act.

Selon la règle, les gouverneurs disposent en principe d’un mandat de 14 ans, sauf s’ils sont destitués « pour cause ». La Cour suprême n’a pas encore défini clairement ce qui pourrait constituer une telle « cause ». Les juristes s’accordent toutefois pour estimer qu’une destitution « pour cause » doit viser une faute professionnelle et non des affaires privées.

« Ce que l’on sème, on récolte »

Lors de l’audition, le juge Brett Kavanaugh, nommé par Trump, a d’ailleurs exprimé de fortes réserves quant à la position du gouvernement – notamment l’idée que le gouvernement puisse lui-même définir le « motif » de la destitution de Cook.

Une démarche sans précédent dans l’histoire de la Banque centrale américaine

Cook est l’un des sept membres du Conseil de la Réserve fédérale. Ces postes sont proposés par le président et ensuite confirmés par le Sénat. La tentative de Trump de destituer un membre du Conseil de la Fed est sans précédent dans l’histoire de la banque centrale américaine.

S’il réussissait, il pourrait pourvoir un autre siège au Conseil selon son gré et accroître son influence sur la trajectoire monétaire de la Fed.

Powell et Bernanke dans le public

L’intensité dramatique de l’audience à la Cour suprême a été renforcée par la présence du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, et de l’ancien président de la Fed, Ben Bernanke, dans le public — un symbole fort de la réponse plus frontale de la banque centrale américaine aux attaques du président Trump.

Il y a seulement une semaine, Powell avait publié une vidéo remarquée dans laquelle il critiquait Trump et appelait à user de tous les moyens pour pousser la Fed à réduire les taux. Entre la vidéo et sa présence au Supreme Court, Powell semble déterminé à tenir tête au président dans les dernières semaines et mois de son mandat. Il s’agit de l’indépendance de la plus importante banque centrale du monde.

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