Adolescents: comment aider votre fils à se faire de bons amis ? Commencez par votre relation.

Un lien profond avec les parents rend les adolescents plus aimés de leurs amis : un bouclier contre la solitude (et les dynamiques de groupe toxiques) pendant plus de vingt ans.

La sécurité de pouvoir compter sur la présence et le soutien des parents est un véritable antidote à la solitude des adolescents – et même pour celle qui les attend plus tard. Les jeunes qui, au cours des années d’affirmation identitaire, souvent physiquement et émotionnellement exigeantes, ressentent plus fortement le lien avec maman et papa bénéficieront de connexions sociales plus solides à l’âge adulte, avec des bénéfices visibles même 20 ans plus tard. Cela est soutenu par une étude publiée dans JAMA Pediatrics, qui souligne que la solitude est aussi une question liée au développement et pas seulement une affaire de choix individuels.

Une bonne nouvelle : les relations sont transformantes

La recherche de l’Université Columbia s’inscrit dans le débat sur la prévention du mal-être des adolescents, émergé avec urgence après l’ère covid : on se concentre souvent sur ce qu’il faudrait éviter, avec une attention particulière sur le rôle des réseaux sociaux dans l’isolement des jeunes. Mais il est aussi important de montrer ce que peuvent faire les relations pour que les enfants prospèrent : le message de l’étude est que des relations plus riches au sein de la famille pendant l’adolescence peuvent déclencher un cercle vertueux de liens sociaux dans les générations suivantes.

Les effets positifs d’une relation solide avec les parents sur le bien‑être à l’âge adulte avaient déjà été au centre de recherches psychologiques antérieures. Jusqu’alors, toutefois, on parlait surtout d’effets positifs sur des aspects internes, comme l’acceptation de soi et le sens de l’objectif dans la vie, et non sur des dimensions externes liées aux relations avec les autres.

Vingt ans de données

Les scientifiques ont analysé les données du National Longitudinal Study of Adolescent to Adult Health, qui a suivi une population représentative d’adolescents depuis le milieu du collège jusqu’à la quarantaine, afin de « mesurer » de manière fiable les effets de la relation avec les parents sur le développement social des jeunes, sans avoir à se fier uniquement à des souvenirs évoqués à l’âge adulte.

Les chercheurs ont calculé les scores de connexion familiale de plus de 7 000 adolescents, sur la base de questions sur le fait de se sentir compris et écoutés, du plaisir passé ensemble avec les parents, et du sentiment d’être entourés et désirés. Les participants ont ensuite été classés en quatre groupes selon leur score global de connexion familiale. Une fois adultes, les sujets ont décrit la structure, la richesse et la qualité de leurs relations sociales actuelles.

Plus de deux fois plus riches

Un niveau élevé de connexion sociale à l’âge adulte s’est avéré plus de deux fois plus courant chez ceux qui, à l’adolescence, appartenaient au groupe ayant obtenu les scores les plus élevés de connexion familiale, par rapport à ceux qui avaient les scores les plus bas (39,5 % contre 16,1 %).

Ce type d’association s’est maintenu constant pour tous les paramètres utilisés pour évaluer le bien-être social à l’âge adulte. Un résultat importantissime, car, comme l’a raconté au New York Times Robert Whitaker, premier auteur de l’étude, la relation parents‑enfants peut être travaillée : c’est un facteur, en somme, modifiable et avec des effets à long terme.

« Entre 16 et 37 ans, il se passe beaucoup de choses. La vie est complexe. Il existe de nombreuses variables en jeu. Donc, avoir quelque chose qui continue à se manifester comme une association significative même après 20 ans est un facteur important ».

L’idée est que des relations saines avec les parents offrent aux enfants un modèle à reproduire et à viser par la suite, même lorsqu’ils deviendront à leur tour parents.

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