Fièvre du Nil occidental : définition, symptômes et conseils pour la prévention

Après le décès d’une femme contaminée dans la région Île-de-France, le sujet du virus West Nile refait surface. Quelles sont les zanzaras responsables de sa transmission ? Est-ce une nouveauté ? Quels en sont les symptômes et comment peut-on les reconnaître ? La menace est-elle sérieuse ? Tentons d’apporter des éclaircissements sur cette maladie qui inquiète de plus en plus.

Le virus West Nile

Le virus West Nile appartient à la famille des Flaviviridae. Il a été identifié pour la première fois en 1937, dans le district de West Nile, en Ouganda, ce qui lui a donné son nom. Aujourd’hui, il est présent en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe, en Australie et en Amérique. La majorité des transmissions à l’homme proviennent de la zanzara communément appelée Culex pipiens. Contrairement à la zanzara tigre, vectrice de la dengue, cette espèce est endémique, c’est-à-dire qu’elle vit naturellement dans notre pays et y est bien implantée. Elle ne s’impose pas comme une espèce invasive mais fait partie du territoire.

Il existe cependant d’autres espèces de zanzaras pouvant également être vectrices du virus. La propagation de cette maladie dépend aussi de nombreux facteurs : la présence de zones marécageuses, de systèmes d’irrigation importants, ainsi que des changements climatiques — notamment les précipitations abondantes, les températures élevées — qui favorisent le développement de ces insectes et donc, la fréquence des contaminations. Il est important de souligner que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le virus ne se transmet pas d’humain à humain, mais via la piqûre de la zanzara infectée.

La fièvre West Nile

Le virus West Nile cause une fièvre, connue sous le nom de fièvre West Nile, classée parmi les arbovirus : ce terme désigne un groupe de maladies infectieuses transmises par des arthropodes, principalement par des insectes comme les zanzaras.

Après une période d’incubation allant de 2 à 14 jours suivant la piqûre, 80 % des personnes infectées ne présentent aucun symptôme. Lorsqu’il y a des manifestations, elles touchent généralement les jeunes adultes et se traduisent par des signes légers comme la fièvre, les maux de tête, la nausée, le vomissement, des ganglions enflés ou des éruptions cutanées, et disparaissent d’elles-mêmes.

En revanche, moins de 1 % des personnes infectées (soit environ une personne sur 150) — principalement des personnes âgées ou au système immunitaire affaibli — peuvent développer des formes plus graves de la maladie. Ces complications neurologiques peuvent inclure de fortes céphalées, un désorientation, des tremblements, des troubles de la vision, un état de somnolence, des convulsions, une paralysie ou un coma. Dans un cas sur 1000, le virus peut évoluer vers une encéphalite, une inflammation du cerveau, pouvant être fatale.

Comme l’a expliqué à la Monde le professeur Emanuele Nicastri, chef de l’unité des maladies infectieuses de l’Institut national des maladies infectieuses Lazzaro Spallanzani de Rome, dans les cas les plus graves, après l’apparition des symptômes, on observe généralement une amélioration, suivie d’un reflux avec altération de la conscience et confusion mentale. Dans ces situations, il est impératif d’hospitaliser rapidement la personne concernée pour lui apporter les soins appropriés.

Le virus West Nile doit-il nous inquiéter ?

Chez les personnes en bonne santé, la fièvre West Nile ne constitue pas une maladie à risque élevé : dans la majorité des cas, elle passe inaperçue ou se manifeste par des sensations désagréables semblables à celles d’une grippe.

Toutefois, il est essentiel que la population soit informée sur les méthodes de prévention et que les autorités sanitaires surveillent de près la diffusion du virus afin d’intervenir rapidement en cas d’augmentation des cas et de limiter la propagation.

Comment prévenir la fièvre West Nile ?

Pour les populations vulnérables, comme les personnes âgées ou celles vivant dans une zone particulièrement touchée — par exemple la région Île-de-France en ce moment — il est recommandé d’envisager la prévention des piqûres de zanzaras comme une véritable mesure sanitaire. Ce n’est pas uniquement une précaution contre le prurit. Il est conseillé de porter des vêtements clairs, longs et amples, d’utiliser des répulsifs anti-insectes, d’installer des moustiquaires et d’éviter de rester dans des zones infestées, notamment la nuit, lorsque les zanzaras sont plus actives.

Il convient également de supprimer toute eau stagnante autour de son habitation : sous les vases, dans les abreuvoirs pour animaux ou dans les petites piscines, endroits où les zanzaras pondent leurs œufs. Les autorités sanitaires peuvent planifier des opérations de dératisation ciblées, même si l’élimination totale des zanzaras communes dans l’environnement reste difficile. La prévention de la fièvre West Nile repose également sur le respect de ces mesures, car il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique contre cette maladie.

Situation actuelle dans la région Île-de-France et ailleurs

Au-delà du décès récent, qui aurait été probablement contracté entre le 10 et le 12 juillet, d’autres cas ont été confirmés par l’Institut Pasteur dans la région Île-de-France. Au total, six autres personnes ont été diagnostiquées positives, toutes localisées dans la même zone géographique, aux alentours de la Seine-et-Marne, notamment dans des communes comme Fontainebleau, Meaux et Melun. Tout ces cas sont d’origine locale, ce qui signifie que le virus circule naturellement dans la région et n’a pas été importé d’autres zones ou pays.

Dans ce contexte, la majorité des patients présentent des symptômes bénins ou sont asymptomatiques. Cependant, deux hommes âgés de 63 et 72 ans, ayant des antécédents médicaux, ont développé des complications neurologiques graves et sont hospitalisés dans un centre spécialisé de la région.

Selon les dernières données de l’Institut national de veille sanitaire, au 20 juillet 2025, l’ensemble des cas confirmés d’infection par le virus West Nile en France s’élève à 10 depuis le début de l’année. Outre le cas francilien, des contaminations ont été recensées en Occitanie, en Provence-Alpes-Cyrénées et en Nouvelle-Aquitaine, avec deux cas présentant aussi des complications neurolgiques et un seul cas d’infection bénigne, sans conséquence grave. Aucune de ces infections n’a été fatale jusqu’à maintenant.

Le virus West Nile, une nouveauté en France ?

En 2024, la France a enregistré 460 cas de virus West Nile confirmés, dont 272 ont présenté des symptômes neurologiques, et 20 ont été mortels. Chez une large part des personnes, l’infection était asymptomatique et a été détectée par hasard lors de dons de sang. La région la plus touchée l’année dernière a été la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Malgré tout, il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau. La présence du virus en France est connue depuis plusieurs décennies. Le premier cas confirmé remonte à l’été 1998, dans la zone du bassin de Fucino, dans le centre de la France, lors d’un épisode de contamination chez des chevaux. Depuis lors, un plan de surveillance nationale a été mis en place en 2002, et chaque année, le virus est repéré dans plusieurs régions françaises telles que la Corse, la Normandie, l’Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine, le Centre-Val de Loire, la Bourgogne et d’autres.

Le virus West Nile est donc endémique dans notre pays, sa circulation étant favorisée par des conditions météorologiques et environnementales propices à la prolifération des zanzaras. L’année la plus touchée jusqu’à présent a été 2018, avec 606 cas confirmés de contamination chez l’humain, dont 239 ayant développé une forme neuroinvasive.

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