Il est presque temps de passer l’examen de maturité : découvrez les techniques scientifiquement prouvées pour rester concentré et étudier efficacement

En vue du baccalauréat, il est essentiel de disposer d’un aperçu précieux des stratégies et conseils pour améliorer sa concentration et sa mémorisation, en tenant compte de son type de mémoire et en s’appuyant sur des techniques scientifiquement éprouvées.

Pas de méthode unique pour réussir ses révisions

Les candidats au bac, l’accélération des examens approche et la question « Comment vais-je faire pour tout réviser ? » tourne en boucle dans votre tête ? Ne vous inquiétez pas, cet article d’Elisa Venco, extrait du numéro 380 de Info Utiles, vous livre des conseils précieux. Vous découvrirez que l’on ne dispose pas d’une méthode d’apprentissage universelle, mais que la clé réside dans la compréhension de votre type de mémoire : visuelle, auditive ou… kinesthésique. De plus, l’article met en lumière l’importance de la régularité dans les études et présente une méthode pour gérer votre temps efficacement, tout en évitant les distractions !

« On n’arrête jamais d’apprendre », dit le proverbe. Pourtant, personne ne nous apprend comment le faire, en illustrant quelles techniques sont les plus efficaces pour mémoriser et traiter des informations en vue, par exemple, d’un examen. Peut-être parce qu’en réalité, il n’existe pas de méthode valable pour tous. Beaucoup dépendent de la motivation et des particularités de chaque étudiant. C’est pourquoi, tout d’abord, il faut déterminer quel est votre type de mémoire.

Il n’y a pas qu’une seule façon d’apprendre

Ce n’est pas une surprise : ceux qui aiment regarder des séries, des films ou des expositions ont très probablement une bonne mémoire visuelle, comme environ 65 % de la population. Dans ce cas, schémas, cartes, diagrammes et images facilitent la mémorisation. La façon dont un livre de cours est structuré (titres, sous-titres, mise en gras) joue également un rôle important. Ceux qui privilégient la musique et aiment entendre des histoires plutôt que de les lire ont quant à eux une mémoire principalement auditive, représentant environ 30 % de la population. Il est alors recommandé de tirer parti de cette préférence en écoutant attentivement les explications, en faisant des interrogations orales ou en répétant les cours à voix haute, seul ou avec un camarade. Enfin, ceux qui sont constamment en mouvement, aiment pratiquer du sport ou faire des activités manuelles, ont probablement une mémoire kinesthésique, qui concerne environ 5 % de la population.

Dans ce cas, la meilleure stratégie consiste à prendre des notes, faire des esquisses, ou répéter en marchant. Comme l’ont récemment démontré certains neuroscientifiques de la Perelman School of Medicine de l’Université de Pennsylvanie, il existe aussi des différences individuelles dans la capacité à rester concentré face aux distractions. Les neurones impliqués dans le maintien d’une attention (situés dans la cortex préfrontal latérale) ne fonctionnent pas tous avec la même efficacité chez chaque individu. Plusieurs études montrent aussi qu’activités insoupçonnées, comme mâcher un chewing-gum, peuvent aider à rester concentré.
Il faut deux éléments essentiels. Pour surmonter sereinement les épreuves scolaires ou universitaires, il faut deux choses : d’une part, la régularité dans l’étude, car les recherches indiquent que les étudiants qui préparent leur examen dans la panique quelques jours avant obtiennent généralement des notes inférieures à ceux qui étudient de manière plus progressive. Même pour ceux qui visent simplement la moyenne, il est indispensable d’avoir un second élément : une méthode.

Ce processus commence par donner la priorité à la matière qui pose le plus de difficultés.

Sinon, en la laisssant pour la fin, on risque qu’elle fasse fortement baisser la moyenne. Ensuite, il faut planifier son emploi du temps. Par exemple, en inscrivant dans son agenda la date de l’interrogation ou de l’examen universitaire. Il est utile de diviser le nombre de pages à réviser par le nombre de jours disponibles, afin de définir combien de pages il est possible d’étudier chaque jour. Il est possible d’en faire plus, mais pas moins. Il faut répéter cette méthode pour toutes les matières en difficulté, sans pour autant délaisser celles dans lesquelles on se sent à l’aise.

La technique du « Pomodoro »

Concernant la gestion du temps, la mise en place d’un minuteur est essentielle. Les durées optimales des sessions d’étude font l’objet de nombreuses hypothèses, mais toutes s’accordent à dire qu’étudier sans pause pendant plusieurs heures n’est pas efficace. Une technique recommandée par des universités américaines comme celle de Cornell s’appelle la “technique Pomodoro”, en référence au minuteur de cuisine en forme de tomate souvent utilisé.

Elle consiste à consacrer 25 minutes à une activité sans interruption, puis à faire une pause de 5 minutes pour se détendre, faire un peu de sport, ou aller aux toilettes. Après 4 “pomodori”, soit après 100 minutes, la pause peut être prolongée jusqu’à 15 ou 30 minutes. Environ la moitié du temps d’étude doit être investie dans la réactivation active de ce que l’on a lu : fermer le livre et tenter de répéter de tête le contenu. Si plus de 20 % des points clés échappent à la mémoire, cela signifie que la lecture était trop dense et qu’il faut revoir le matériel.

Les tentations à éviter

Les distractions technologiques. Tant que le programme d’études du jour n’est pas terminé, il vaut mieux résister à l’envie de consulter son téléphone, ses mails ou ses réseaux sociaux, car cette habitude engendre ce que Larry Rosen, professeur de psychologie à la California State University, qualifie d’ »attention partielle continue ». En clair, même si l’on a l’impression de rester concentré, décaler l’attention entre le travail et la technologie réduit la concentration en moyenne après seulement trois minutes. Il est d’ailleurs conseillé de ne pas étudier avec la télévision allumée ou en écoutant des podcasts, puisque le cerveau ne peut tout simplement pas gérer deux tâches complexes simultanément, comme l’explique David Meyer, professeur de psychologie à l’Université du Michigan (Etats-Unis). « Écouter une série et faire ses devoirs ou utiliser Instagram en même temps, cela mobilise la même zone cérébrale, la cortex préfrontal. »

Il est aussi une erreur de penser que le cerveau peut réaliser deux tâches exigeantes à la fois. Selon Annie Murphy Paul, experte en sciences de l’apprentissage, les étudiants multitâches mettent en moyenne plus longtemps à compléter leur programme d’études, car ils perdent du temps en distractions, puis doivent recommencer à se concentrer. La fatigue mentale résultant de cette perte de concentration répétée augmente également le risque d’erreurs. Plusieurs études en laboratoire ont montré que lorsqu’on divise son attention durant la mémorisation, on retient moins bien ou pas du tout l’information. La musique pendant l’étude est un sujet délicat : si certains genres, comme la musique classique, peuvent aider, d’autres, comme la musique moderne ou les chansons à paroles, peuvent nuire.

Gestion du « fardeau mental » et désordre

L’effet du « fardeau cognitif ». Au-delà des distractions extérieures, il faut aussi prendre en compte les préoccupations liées à d’autres tâches, comme passer un appel ou nourrir le chat. « Quand vous essayez de retenir quelque chose, comme un email à envoyer ou une tâche à faire plus tard, vous êtes en difficulté pour vous concentrer sur votre livre, » explique Stefan Van der Stigchel, psychologue cognitiviste à l’Université d’Utrecht (Pays-Bas). Ce qu’il faut faire, c’est simplement écrire ce qu’il faut faire et continuer à étudier.

Ce procédé, appelé « dépôt cognitif », consiste à libérer le cerveau en externalisant ses pensées. Il s’agit de déposer mentalement ce qui occupe l’esprit pour mieux se concentrer sur le reste. Un autre conseil consiste à se rappeler ce que l’on « gagne » à étudier : une meilleure note, une admission dans une filière Sélectionnée, ou simplement la satisfaction d’avoir travaillé. La dopamine, hormones liée à la motivation et à l’attrait de la réussite, joue ici un rôle clé en focalisant l’attention sur les bénéfices plutôt que sur la fatigue ou la difficulté. En rangeant sa zone de travail, on élimine aussi les éléments qui distraient.

Le désordre, ennemi de la concentration ?

Selon Sabine Kastner, professeur de psychologie à l’Université de Princeton (Etats-Unis), le désordre capte l’attention du cerveau, rendant plus difficile la concentration sur une tâche. Plus il y a de stimuli visuels, plus il devient difficile de se concentrer. La solution : il est conseillé de ranger son bureau pour faciliter la concentration. Toutefois, une étude de l’Université du Minnesota, en 2013, montre que les volontaires travaillant dans des environnements désordonnés trouvaient plus facilement des idées créatives. Le désordre constitue donc un obstacle lorsqu’il s’agit de mémoriser, mais peut devenir un atout en favorisant la créativité. Enfin, un autre conseil pour optimiser ses séances de révision : alterner les heures d’étude ou de cours avec 20 minutes d’activité physique aérobie. Selon une étude publiée dans le Journal of Science and Medicine in Sport, cela améliore la capacité d’attention.

Donc, une promenade ou un tour à vélo à la pause déjeuner peut renforcer votre concentration pour l’après-midi. Cependant, comme le suggère Stefan Van der Stigchel, il faut éviter d’écouter un podcast ou une radio en même temps que l’exercice : seul en évitant de prêter attention à autre chose, votre esprit pourra se ressourcer efficacement. Récemment, une étude de l’Université de Sydney a montré qu’il suffirait de 5 minutes de pause pour retrouver son attention.

Pour prolonger la concentration ou la retrouver en cas de baisse, deux astuces peuvent aider : la caféine et la méditation brève. Une recherche de 2020 menée par l’Université de l’Arkansas a révélé que les personnes ayant pris une dose de 200 mg de caféine (l’équivalent d’un café corsé) ont résolu des problèmes beaucoup plus rapidement que celles qui avaient reçu un placebo. La seconde méthode consiste à faire de courtes sessions de méditation.

Se recentrer avec la méditation

L’importance de la respiration. Daniel Goleman, psychologue et spécialiste des émotions, explique que reprendre conscience de sa respiration chaque fois que l’esprit s’égare durant la méditation permet de renforcer les circuits cérébraux de la concentration. Dans la vie quotidienne, cela facilite le retour rapide à la tâche après une interruption comme un message ou une pensée parasite. La méditation a également un effet bénéfique sur la réduction du stress, ce qui est précieux lorsque, après des heures de travail intellectuel, il est enfin temps de tester ses connaissances.

Article pensé et écrit par :
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