Quiconque travaille avec des chiens le sait parfaitement : l’odorat est pour eux le sens le plus important, le premier par lequel ils explorent le monde qui les entoure ; alors que pour nous les yeux restent indispensables, en somme pour eux l’organe principal est le nez. Et il n’est pas nécessaire d’être expert en cynologie pour le comprendre : il suffit d’en avoir un à promener. Souvent, toutefois, on a tendance à sous-estimer l’importance de renifler les choses pour les chiens, en le considérant comme « un de leurs hobbies », mais ce n’est pas le cas.
La recherche. Une étude de l’Université d’Australie-Occidentale publiée dans Applied Animal Behaviour Science a tenté d’explorer plus finement le rapport entre chiens, odorat et maîtres; le titre de l’étude, qui cite plusieurs éducateurs canins, est éloquent à cet égard : « Le travail olfactif est présent dans pratiquement toutes nos activités« .
Mais comment traduire cette nécessité dans la pratique ? En d’autres termes, comment faire pour que nos chiens reniflent suffisamment ? La première autrice de l’étude, Jade Fountain, a publié sur The Conversation une petite collection d’activités réalisables à peu de frais, et destinées à enrichir la vie de chaque chien.
Chasse au trésor. Le premier conseil est celui qui est de plus en plus fréquemment donné aux propriétaires de chiens : si vous voulez les faire s’amuser, et pas seulement, impliquez-les dans le fameux « travail olfactif », qui consiste à apprendre aux animaux à reconnaître une odeur et à localiser les objets qui la dégagent – une espèce de chasse au trésor réalisée avec le nez.
Les « leçons d’odorat » sont proposées de plus en plus fréquemment par des éducateurs et des dresseurs, et il n’est pas difficile d’organiser ces jeux chez soi : c’est d’ailleurs une excellente manière de rendre les chiens plus optimistes.
Safari quotidien. Il existe aussi une version itinérante de ces activités : en anglais on les appelle « sniffari », contraction de « sniff », renifler, et « safari ». En quoi consiste un sniffari ? Simple : lorsque vous promenez votre chien, ne partez pas là où vous le souhaitez mais laissez-le renifler, suivez-le et laissez-le vous guider.
Il peut en effet vous faire faire des tours apparemment absurdes : il suit des traces odorantes qui vous échappent totalement, mais qui pour lui sont essentielles pour, comme le disent les experts, « lire les actualités locales ».
Jardins sensoriels. L’enrichissement olfactif ne doit toutefois pas se limiter à l’extérieur : même à domicile, vous pouvez offrir à votre chien des odeurs de toutes sortes pour l’éveiller, le garder occupé et, pourquoi pas, le fatiguer.
Parmi les senteurs recommandées figurent des origines végétales (origan, lavande, thym…) mais aussi animales (l’article évoque les crottes de mouton et l’urine de lapin, à vous de voir si vous vous sentez de les disposer chez vous !).
Le même effet peut être obtenu en emmenant le chien dans un « sensory garden », un jardin où ont été plantées des plantes odorantes que les chiens apprécient; ils ne sont pas très répandus en France, mais si vous disposez d’un petit coin de terrain, vous pouvez en créer un à coût très faible.
Tapis odorants. Les deux dernières recommandations sont plus « actives », et il peut être utile de vous faire aider par un éducateur pour les mettre en place. L’une consiste à cacher de la nourriture ou des jouets odorants un peu partout dans la maison, ou dans l’espace dédié au chien que vous fréquentez chaque jour.
L’autre prévoit d’utiliser des objets comme les snuffle mats, de petits tapis en tissu dans lesquels on peut dissimuler des croquettes et laisser le chien les trouver au nez. On les retrouve désormais dans presque tous les magasins pour animaux, et ils pourraient transformer même un simple repas en jeu.
En somme, comme le suggérait Gandalf le Gris dans Le Seigneur des Anneaux, « lorsque vous doutez, utilisez votre nez ».