Le Groenland est indispensable, oui, mais au service de la science

Le mire politiche sulla Groenlandia minacciano di rovinare collaborazioni internazionali per lo studio dei ghiacci, del clima e dei fondali artici.

Une administration unilatérale du Groenland et de ses ressources, comme celle poursuivie par les politiques de Donald Trump, risquerait de mettre fin à des décennies de collaborations scientifiques internationales pour l’étude des glaces et du climat de la Terre.

Pour le rappeler, à ce stade où l’attention politique sur l’île est élevée (territoire semi-autonome qui fait partie du Royaume du Danemark), c’est le glaciologue britannique Martin J. Siegert. Dans un article publié sur The Conversation, le scientifique rappelle pourquoi il est indispensable que cette collaboration, si fructueuse pour la science, se poursuive.

Échanges précieux

Pendant des décennies, le Groenland a permis à des scientifiques du monde entier, dont une grande partie provenait des États-Unis, de perforer ses glaces, ses fonds marins et ses roches afin d’étudier la relation entre le dioxyde de carbone et les températures atmosphériques dans le passé, ainsi que les effets de tout cela sur l’étendue des glaces qui recouvrent l’île.

Des chercheurs de la NASA ont survolé son territoire pour cartographier la terre située sous le manteau de glace groenlandais, la plus étendue de l’hémisphère nord, avec environ 1,8 million de km² d’étendue et 3 km en moyenne d’épaisseur.

Ces échanges entre scientifiques du monde entier ont permis à la science arctique de progresser dans la compréhension des phénomènes qui intéressent l’avenir de notre planète et de chacun d’entre nous.

Patrimoine à préserver

La calotte glaciale recouvre 80% du territoire du Groenland. Si cette immense étendue de glace fondait entièrement, le niveau global des mers monterait de 7,3 mètres. Chaque centimètre d’élévation du niveau de la mer mettrait en danger d’inondations côtières 6 millions de personnes de plus. Comme le rappelle la NOAA, depuis 27 ans la calotte glaciale du Groenland perd de la masse de manière ininterrompue: avec en moyenne 0,6 millimètre par an d’eau de fonte déversée dans la mer, le Groenland est le deuxième contributeur majeur à la hausse du niveau des mers, après l’expansion thermique des eaux océaniques due au réchauffement climatique.

Ce processus de fonte qui s’accélère injecte de l’eau douce dans l’Atlantique Nord, et menace de perturber un système de courants océaniques qui modère le climat de l’hémisphère nord.

Les 20% restants de la surface groenlandaise sont exempts de glace et abritent des réserves de minéraux critiques: des matières premières de grande valeur et difficiles à exploiter (comme les terres rares) essentielles à la transition énergétique, car utilisées dans la fabrication de batteries pour voitures électriques, de panneaux solaires et d’éoliennes. Comme on peut le voir, le Groenland contient les leviers potentiels pour la santé de la planète (glaces à préserver, ressources utiles pour les énergies renouvelables), mais ce sont des outils fragiles qui pourraient se retourner contre les écosystèmes s’ils tombaient entre les mains des mauvaises personnes.

Aucun accord en vigueur

D’autres zones polaires d’intérêt scientifique sont protégées par des traités internationaux. L’Antarctique est protégé depuis 60 ans par le Traité Antarctique, qui impose de traiter le continent glacé comme une terre de paix et de recherche scientifique. Les îles Svalbard, sous souveraineté norvégienne, sont protégées par un traité qui permet à des citoyens de près d’une cinquantaine de pays de vivre et de travailler dans l’archipel sans visa, à condition de respecter les lois norvégiennes.

Le territoire arctique n’est pas explicitement protégé par aucun accord international parce que, comme l’explique Renata Giulia Lucchi, géologue marine et sédimentologue, première chercheuse auprès de l’Institut National d’Océanographie et de Géophysique Expérimentale – OGS, « il représente en grande partie l’étendue naturelle des territoires de plusieurs États qui y font directement face ». Le fait que le Groenland reste ouvert à la recherche scientifique dépend du droit international et de sa stabilité politique.

Article pensé et écrit par :
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