Les 11 différentes formes possibles de l’obésité : guide complet

L’obésité présente une diversité de facettes bien plus grande qu’on ne le pense habituellement, correspondant à une multitude de processus biologiques variés. Connaître cette complexité constitue une étape essentielle pour mieux la diagnostiquer, la traiter et la prévenir.

L’obésité : dépasser les définitions classiques

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit l’obésité comme une maladie chronique complexe, caractérisée par un excès de dépôts graisseux qui altère la qualité de vie et accroît le risque de diabète, de maladies cardiovasculaires, de problèmes de fertilité et de maladies osseuses, sans oublier le potentiel augmentation du risque de développer certains cancers. Traditionnellement, chez l’adulte, l’obésité est diagnostiquée lorsque l’indice de masse corporelle (IMC) — qui correspond au rapport entre le poids en kilogrammes et la taille au carré en mètres — atteint ou dépasse 30.

Cependant, la communauté scientifique a récemment réalisé que cet indicateur seul ne suffit pas toujours à décrire précisément l’état de santé des personnes obèses. En effet, il existe des individus présentant des problématiques associées à un excès de poids, telles que des troubles respiratoires ou cardiaques, et d’autres qui n’en souffrent pas actuellement, mais pourraient éventuellement en développer à l’avenir. Parmi celles et ceux atteints d’obésité, certains répondent favorablement aux traitements médicamenteux comme l’Ozempic, tandis que d’autres, une fois sous traitement, ne parviennent pas à perdre de poids — comme si l’on traitait le mauvais problème physiologique.

Une contribution précieuse de la génétique

Des chercheurs américains ont mené une étude génétique impliquant plus de 2 millions de personnes souffrant d’obésité, issues de divers horizons ethniques. Leur objectif était d’identifier les variations génétiques associées à l’indice de masse corporelle (IMC) ainsi qu’à d’autres mesures d’accumulation de poids telles que la circonférence abdominale, le rapport taille-hanches ou encore la circonférence des hanches. En tout, ils ont repéré 743 régions du génome dont les variations sont liées à l’obésité, dont 86 n’avaient jusqu’ici jamais été étudiées.

Les scientifiques ont également examiné quels tissus étaient impactés par ces variations et ont conclu que ces altérations pouvaient être réparties en 11 groupes, chacun correspondant à un processus biologique différent : certaines formes d’obésité métaboliquement malsaine ou, au contraire, métaboliquement saine ; d’autres liés à des défauts dans la production d’insuline ; encore d’autres associées à une dérégulation du système immunitaire, ou au contrôle hormonal de l’appétit et du poids, ou enfin au métabolisme des lipides.

Vers des traitements mieux ciblés

Les chercheurs préfèrent parler de ces catégories d’obésité en tant qu’endotypes plutôt que de sous-types, car ce dernier terme suppose qu’une seule catégorie pourrait suffire à décrire la condition dans sa globalité. Or, il est possible qu’une même personne présente plusieurs de ces endotypes simultanément. Quoi qu’il en soit, cette approche vise à mieux comprendre la diversité de cette pathologie afin de développer des stratégies thérapeutiques et préventives plus précises, adaptées à chaque processus biologique impliqué.

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