Autrefois, ce sont les infections; aujourd’hui, le diabète, le cancer, l’obésité et les problèmes cardiovasculaires : les maux des animaux ressemblent aux nôtres. Pourquoi ?
Les maladies chroniques qui ressemblent de manière inquiétante à celles qui touchent l’homme augmentent chez les animaux domestiques, chez les animaux d’élevage, chez les créatures sauvages et chez les animaux marins. Cela ressort d’une étude publiée dans Risk Analysis, qui met en lumière un aspect important : souvent, les facteurs à la base de ces pathologies sont les mêmes pour l’homme et pour les autres animaux.
Plus que des infections
Dans l’étude menée par Antonia Mataragka, de l’Université d’Agriculture d’Athènes, on rappelle que les maladies chroniques augmentent dans le monde animal : en partant de l’exemple qui nous concerne le plus proche, 50 à 60% des chiens et des chats domestiques sont en surpoids, un facteur qui entraîne une hausse croissante des cas de diabète félin.
En ce qui concerne les animaux d’élevage, 30 à 40% des vaches souffrent de cétose, une condition due à un apport énergétique insuffisant de l’alimentation, tandis que 20% des cochons dans les élevages intensifs présentent une forme d’ostéoarthrite (maladie des articulations) due à une croissance trop rapide.
Par ailleurs, les poissons et d’autres animaux marins exposés à des eaux polluées présentent aussi un risque accru de 25% de développer des tumeurs hépatiques, et parmi les créatures aquatiques — baignées dans le plastique que nous déversons dans les rivières et les mers — les tumeurs gastro-intestinales et les cardiomyopathies augmentent également.
La santé de l’environnement, des humains et des animaux est liée
La partie la plus intéressante concerne les causes de cette étrange « anthropisation » des maladies. Elles sont, d’une part, liées à la génétique, c’est-à-dire à la manière dont nous avons, au fil du temps, sélectionné des typologies d’animaux plus proches de nos besoins (comme des animaux domestiques d’apparence plus agréable ou des bêtes d’élevage plus faciles à élever), mais plus vulnérables à certaines pathologies, comme certaines formes de cardiopathies chez les chiens.
Le problème est ensuite alimenté par des facteurs plus visibles, comme une mauvaise alimentation ou un excès de sédentarité chez nos animaux, ou encore des facteurs de stress liés à l’exploitation de certaines espèces que nous mettons sous pression pour des raisons égoïstes de consommation alimentaire.
Enfin, en élargissant encore le regard, il existe des causes liées à l’impact des activités humaines sur les écosystèmes. Urbanisation, conversion des sols, changements climatiques, pollution, perte de biodiversité causent une augmentation des conditions citées : par exemple, la pollution chimique et atmosphérique influencent le fonctionnement endocrinien chez les oiseaux et les mammifères qui habitent près de nous. Et dans les villes, les hautes températures et le smog favorisent les troubles métaboliques chez les animaux de compagnie.
Sous le même ciel
L’étude nous rappelle combien la santé de l’environnement, des personnes et des animaux est étroitement liée, et comment savoir reconnaître les causes communes de ces maladies peut bénéficier aux trois sphères, qui existent uniquement en relation les unes avec les autres et non de manière isolée.
C’est l’approche One Health, que la pandémie de COVID-19 nous a montrée dans toute son urgence.