Les ratons-laveurs aiment résoudre des énigmes pour le plaisir de trouver la solution

En France, les ratons laveurs ne forment pas encore des populations établies sur l’ensemble du territoire; on ne compte que quelques groupes dispersés, notamment en Alsace et dans le Grand Est. Pour autant, à la différence de ceux qui vivent aux États‑Unis, nous ne sommes pas habitués à leurs frasques: ce sont des animaux extrêmement curieux, célèbres notamment pour leur passion des poubelles. Une nouvelle étude publiée dans Animal Behaviour révèle que leur curiosité est une impulsion extrêmement puissante, plus pressante même que la recherche de nourriture. Les auteurs ont démontré en effet que ces animaux prennent plaisir à résoudre des énigmes, même lorsque la seule récompense est la satisfaction d’avoir réussi.

L’important, c’est le puzzle, pas la récompense.

Comment décryptons-nous les motivations derrière le comportement des ratons laveurs? Le travail de l’équipe de l’Université de la Colombie-Britannique qui a mené l’étude a mis à l’épreuve un groupe de ratons laveurs, leur proposant une boîte à énigmes comportant une seule guimauve et dotée de neuf entrées possibles, chacune bloquée par une énigme. On allait de simples verrous à des systèmes plus complexes qui nécessitaient l’usage de leviers et de portes coulissantes. Chaque énigme était classée comme « facile », « moyen » ou « difficile » à résoudre.

Pour la surprise de personne, les ratons laveurs sont parvenus à résoudre tous les puzzles. Ce qui a stupéfié les chercheurs, c’est que, une fois la guimauve récupérée, les animaux ne cessaient pas de s’attaquer aux énigmes: certains individus les ont résolues jusqu’à neuf, malgré le fait qu’ils avaient déjà obtenu la seule récompense à l’intérieur. Selon les auteurs, cela témoigne clairement que les ratons laveurs sont motivés par l’acquisition d’informations et que la récompense est aussi valable pour eux que la guimauve.

Comme au restaurant.

Une autre particularité de la démarche des ratons laveurs est sa flexibilité. Face aux énigmes les plus simples, les sujets étudiés ont expérimenté une large palette de solutions pour découvrir celle qui fonctionnait le mieux. Les énigmes les plus difficiles ont, elles, été résolues toujours de la même manière. Les auteurs comparent cette différence à ce que nous faisons lorsque nous allons au restaurant: « Vous commandez votre plat préféré ou quelque chose de neuf ? Quand le risque est élevé — écrivent-ils — par exemple face à un plat inconnu et coûteux — il est plus facile que la solution soit la première, car elle est plus sûre. »

Les ratons laveurs adoptent le même raisonnement: lorsque l’exploration n’entraîne pas de grands risques (dans l’expérience, par exemple, lorsque résoudre les énigmes était facile), ils s’y consacrent avec enthousiasme. Lorsque les choses deviennent plus difficiles, ils préfèrent d’abord s’assurer d’obtenir leur récompense. Selon les auteurs, une étude de ce type est essentielle: les ratons laveurs ont une réputation séculaire, avec des anecdotes qui flirtent avec le folklore, mais il existe très peu de preuves empiriques et scientifiquement documentées de leur intelligence. Et surtout, leur curiosité.

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Avatar de Jerry Guirault
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