Menace tarifaire des États-Unis : l’économie allemande appelle à une réaction mesurée


Airbus-Mitarbeiter arbeiten an einem Triebwerk für den A350 in einer Werkshalle.

Menace tarifaire des États-Unis
L’économie allemande appelle à une réaction mesurée

Date de mise à jour : 19/01/2026 20:25

Dans l’économie allemande, toutes les alarmes retentissent — encore une fois. Le conflit autour du Groenland et les nouvelles menaces douanières de Trump pourraient compromettre l’espoir d’une reprise économique.

Dans l’économie, l’indignation face aux nouvelles menaces douanières de Donald Trump est grande. « La menace douanière du président américain est une escalade inappropriée et nuisible à toutes les parties », résume ainsi Peter Leibinger, président du BDI.

Bien sûr : sur la question de savoir comment l’Allemagne et l’Europe devraient réagir aux menaces de Trump, se pose un dilemme bien connu.

Par ailleurs, la crainte demeure que le conflit autour du Groenland puisse dégénérer en une véritable guerre commerciale — avec des conséquences massives pour l’économie exportatrice allemande: au moins 10% des exportations allemandes vont vers les États-Unis. Le président du BDI, Leibinger, rappelle donc qu’il est aussi important que l’UE maintienne les canaux de dialogue ouverts et pousse à la désescalade.

« Réagir avec discernement dans le cadre des possibilités »

Même selon le verdict de la Chambre de commerce et d’industrie allemande (DIHK), la politique doit suivre une ligne de crête. Même si le lien entre objectifs politiques et menaces commerciales pèse lourd sur l’économie allemande, l’Europe ne doit pas sur-réagir.

« Nous préconisons néanmoins, du côté de l’économie allemande, de continuer à réagir avec mesure dans le cadre des possibilités et de ne pas sortir d’autres instruments, comme par exemple la ‘Bazooka’ de la boîte », affirme Volker Treier, expert en commerce extérieur du DIHK.

La « Bazooka » comme dernier recours ?

La « Bazooka »: c’est le terme utilisé pour décrire l’instrument contre le chantage économique, que l’UE a accepté en 2023; à l’époque surtout pour se préparer face à des menaces en provenance de Chine. Désormais, des mesures issues de ce paquet pourraient être prises à l’encontre des États-Unis si Donald Trump passe à l’acte.

Il s’agirait de mesures allant des prélèvements sur les géants du numérique américains, à l’exclusion d’entreprises américaines des marchés publics, jusqu’aux restrictions des flux de capitaux.

Leibinger se dit prêt à comprendre que des mesures aussi lourdes soient discutées: « Même les réflexions sur des contre-tarifs ou l’utilisation de l’instrument pour contrer la contrainte économique nous semblent plausibles en cette phase. » Ce qui montre bien qu’en dépit de l’espoir d’éviter un conflit commercial, le ton au sein des entreprises s’est durci face à Trump.

Renforcer les relations commerciales

L’Allemagne doit donc intensifier la diversification de ses partenaires commerciaux à l’échelle mondiale, affirme l’expert DIHK Treier. « L’accord entre l’Union européenne et le Mercosur est venu à point nommé. D’autres accords doivent suivre, avec l’Inde et l’Indonésie », soutient-il.

Il existe de nombreux partenaires à travers le monde qui, avec le marché unique européen, se rapprochent et bâtissent des relations commerciales fiables. Et ce qui est tout aussi important, poursuit Treier, c’est de renforcer notre résilience en augmentant la compétitivité de nos sites européens — y compris en France.

Peut-être que les Américains réalisent aussi les effets économiques d’une politique douanière imprévisible menée par leur président. Selon une étude de l’Institut de l’économie allemande (IW), les investissements des entreprises allemandes aux États-Unis ont été presque divisés par deux au cours de l’année dernière.

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