Ozempic et médicaments similaires : perte de poids efficace même en utilisation intermittente

L’effet des médicaments agonistes du récepteur du GLP-1 comme l’Ozempic persiste même en cas d’interruptions, même involontaires, de traitement.

Ozempic et autres : mécanismes d’action et interruptions de traitement

L’Ozempic, dont le nom commercial est la semaglutide, est un traitement injectable utilisé depuis une dizaine d’années contre le diabète de type 2. La version suivante, commercialisée sous le nom de Wegovy, présente une dose plus élevée de semaglutide et est spécifiquement destinée à la gestion de l’obésité. La semaglutide est un analogue synthétique du GLP-1 (peptide-1 glucagon-like), un hormone produite par l’intestin qui a pour rôle de stimuler la production d’insuline tout en inhibant la sécrétion de glucagon, une hormone qui tend à faire augmenter la glycémie, lorsque le taux de sucre dans le sang est élevé. Si elle contribue à faire baisser la glycémie, la semaglutide envoie également un signal de satiété au cerveau et réduit la sensation d’appétit.

Le coût élevé de ces médicaments — souvent non remboursés par l’Assurance maladie ou la mutuelle en France, où leur usage est en croissance — ainsi que la survenue possible d’effets secondaires, comme des nausées, peuvent conduire à une certaines discontinuités dans le traitement. En général, ces médicaments se prennent par injection hebdomadaire.

La perte de poids perdure

Une entreprise basée à New York, Calibrate, qui propose des médicaments et un accompagnement digital aux personnes souhaitant perdre du poids, a analysé les données recueillies auprès de plus de 6 000 Américains ayant participé à un programme d’un an entre 2021 et 2024, dont 90 % souffraient d’obésité. Dans le cadre de ce programme, les participants avaient accès à une application leur fournissant tous les quinze jours des conseils en matière de mode de vie et d’alimentation pour optimiser leur perte de poids. L’application offrait également des entretiens réguliers avec un coach spécialisé dans la santé, afin de soutenir le traitement.

En payant un supplément, les patients pouvaient obtenir des médicaments comme l’Ozempic sur la base d’injections hebdomadaires. À la fin du programme annuel, 73 % des participants avaient interrompu au moins une fois leur traitement, c’est-à-dire qu’ils avaient connu une période d’au moins 13 semaines sans prise du médicament. En moyenne, ces individus avaient utilisé l’Ozempic durant huit mois sur une période de 12. Cependant, selon l’analyse, ils avaient en moyenne perdu 14 % de leur poids, comparé à 17 % pour ceux qui avaient poursuivi le traitement sans interruption. Des résultats similaires ont été observés chez les participants ayant poursuivi sur une deuxième année du programme.

L’accompagnement peut faire la différence

Bien que ces résultats soient rassurants selon certains experts, l’étude n’a pas pris en compte l’impact du soutien psychologique apporté aux participants, qui aurait pu contribuer significativement à la réussite du traitement. De plus, quelques participants suivaient également un autre médicament antidiabétique, la metformine, qui a une influence mineure sur la perte de poids. Celle-ci aurait pu jouer un rôle dans les résultats, même si elle n’est pas principalement utilisée dans cet objectif.

Quoi qu’il en soit, la question de la manière de gérer la posologie et la fréquence d’administration de ces médicaments, ainsi que ce qui se passe lors d’un arrêt définitif, reste un sujet très actuel et encore en pleine discussion.

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