Paradoxe du DEET : le meilleur répulsif anti-moustiques attire-t-il les moustiques ?

Les moustiques sont les animaux qui tuent le plus d’êtres humains chaque année: ce sont des vecteurs de maladies graves, et dans de nombreuses régions du monde, la prévention des piqûres est devenue une urgence sanitaire. Parmi tous les répulsifs employés pour éloigner les moustiques, le plus utilisé et le plus efficace est le DEET, ou diéthylometto­luamide, qui agit aussi contre les tiques, les mouches et d’autres invertébrés; et pourtant, sa diffusion massive pourrait être à l’origine d’un problème majeur. En France comme ailleurs, la lutte contre les moustiques demeure une priorité sanitaire.

Une nouvelle étude publiée dans le Journal of Experimental Biology montre en effet que certaines moustiques peuvent apprendre à associer l’odeur du DEET à celle de la nourriture, et ne plus être repoussées mais plutôt attirées.

Da repellente ad « attirante »

Les expériences ont été menées sur des exemplaires d’Aedes aegypti, le moustique de la fièvre jaune, qui ont été « entraînés » à reconnaître le DEET. La première étape consistait à leur offrir de la nourriture (c’est‑à‑dire de petites poches de sang) pour étudier leur réaction: évidemment, elles en furent attirées. Quand toutefois l’une de ces poches a été « aromatisée » au DEET, les moustiques se sont tenues à l’écart. Et jusqu’ici tout paraît normal. Le problème s’est manifesté lorsque le DEET a été administré en petites doses continues pendant le repas: plus précisément, les moustiques avaient 20 secondes pour se nourrir, les dix dernières étant accompagnées de petites pulvérisations du répulsif.

Dopodiché, al posto del sangue, alle zanzare abituate è stato offerto solo del DEET: gli insetti hanno reagito come si si trovassero di fronte a un pasto abbondante, aggredendo immediatamente il cibo contaminato con il repellente. Ancora peggio: quando alle zanzare abituate al DEET sono state offerte due mani umane, une pulita et une coperta di repellente, gli insetti hanno puntato decisi sulla seconda.

Par la suite, au lieu du sang, on a offert aux moustiques habitués du DEET uniquement du DEET: les insectes ont réagi comme s’ils avaient face à un repas abondant, attaquant immédiatement la nourriture contaminée par le répulsif. Encore pire: lorsque les moustiques habitués au DEET ont reçu deux mains humaines, l’une propre et l’autre recouverte de répulsif, les insectes ont dirigé leur piqûre résolument vers la seconde.

Efficace, sì, ma un po’ meno

D’autres expériences ont démontré que, après avoir été habituées au DEET, les moustiques sont allées le chercher aussi dans d’autres types de nourriture, par exemple de petites billes de sucre. Cela s’explique par le fait que le DEET n’élimine pas les moustiques mais les embrouille, en masquant les odeurs de la peau humaine et en les remplaçant par une odeur désagréable. Une fois que les moustiques ont compris qu’un mauvais parfum ne signifiait pas nécessairement un mauvais goût (bien au contraire), ils ont surmonté le premier choc et ont appris à associer le DEET à quelque chose de positif.

Selon les auteurs, cette capacité des moustiques à s’habituer à l’odeur du DEET peut créer pas mal de problèmes sur le plan de la prévention: le répulsif perd de son efficacité en 4 à 8 heures, et si une moustique tombe sur un être humain chez qui il a été appliqué suffisamment longtemps pour atténuer son effet, elle pourrait estimer avoir trouvé le repas parfait, et même le préférer à un être humain « propre ».

Ce n’implique pas que le DEET ne fonctionne plus, bien entendu: il demeure le meilleur répulsif en circulation et sauve un grand nombre de vies chaque année. Le risque est qu’il puisse en sauver moins si les moustiques apprennent à l’apprécier.

Article pensé et écrit par :
Avatar de Jerry Guirault
Laisser un commentaire

5 × 5 =