Plumes fossiles dans les excréments de dinosaures : comment les oiseaux ont survécu à l’extinction de masse

Il y a 65 millions d’années, la chute d’une météorite sur la péninsule du Yucatán a porté le coup fatal au climat terrestre, déclenchant un « hiver d’impact » qui a provoqué l’extinction de 75 % des espèces vivantes, dinosaures compris.

Tous, sauf un petit groupe, les Néornithes, que nous connaissons comme les oiseaux modernes : comment ont-ils survécu à un événement qui a balayé tous leurs proches et lointains parents ? Nous pourrions avoir trouvé la réponse dans le lieu le plus improbable : un morceau de crottin de dinosaure, dans lequel étaient conservées une série de plumes qui, à leur tour, contiennent le secret du succès des oiseaux. Cette découverte est relatée dans une étude publiée dans Current Biology.

Trésors dans les coprolithes

Le terme technique pour les crottes fossilisées de dinosaure est « coprolithe »; celui au cœur de cette étude a été découvert presque par hasard. Il y a dix ans, en effet, l’un des auteurs de l’étude préparait la collecte de poissons fossiles dans un gisement du Montana, dans la Hell Creek Formation, qui, malgré son nom peu rassurant, est l’un des sites fossilifères les plus importants des États‑Unis, riche en trouvailles allant du Crétacé au Paléocène, couvrant la période autour de l’extinction des dinosaures.

Parmi les poissons, le docteur David DeMar Jr. trouva aussi une roche rouge, grosse comme une balle de golf, et la porta au laboratoire pour l’analyser, curieux.

La roche s’est révélée être un coprolithe, probablement des crottes de T. rex ou de Nanotyrannus: elle contenait des écailles de poisson et surtout des os et des plumes d’oiseau. En particulier, l’« hôte » du coprolithe était un esperornithiforme, un oiseau aquatique éteint: un parent des susnommés Néornithes, qui, contrairement à eux, n’a pas survécu à l’extinction des dinosaures. La forme de ses plumes, et la comparaison avec celles d’autres oiseaux fossiles, a permis à l’équipe de formuler une hypothèse relative au « miracle » des Néornithes.

L’importance des plumes

Le secret de leur succès (ou du moins de leur non-extinction), selon les auteurs de l’étude, réside précisément dans les plumes. Celles de l’oiseau dévoré par le dinosaure étaient un mélange entre les plumes des oiseaux aquatiques modernes, qui sont imperméables, et celles plus primitives des oiseaux éteints et des dinosaures, qui étaient toutefois plus petites et « poilues ».

Les plumes modernes, qui constituent celles de tous les Néornithes, ont aidé les oiseaux pendant l’hiver post-météorite, car elles retiennent la chaleur et isolent du milieu extérieur. Les oiseaux qui avaient encore des plumes primitives, ou un mélange des deux, n’ont en revanche pas réussi à s’adapter au nouveau climat.

En somme, tout tient à l’efficacité : face à l’arrivée soudaine du froid provoqué par la météorite, seuls les Néornithes ont survécu, car ils étaient couverts de structures imperméables et isolantes. Les autres dinosaures, oiseaux éteints compris, n’étaient pas équipés et ont fini comme les trois quarts des espèces vivantes.

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Avatar de Jerry Guirault
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