Pneumocoque : définition, symptômes, maladies et prévention

Bactéries répandues mais souvent silencieuses, le pneumocoque peut provoquer des infections allant de troubles bénins à des affections graves. Comprendre comment elle se transmet, quels signaux reconnaître et quelles stratégies adopter pour la prévenir est essentiel pour protéger surtout les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes fragiles

Le pneumocoque représente l’une des principales causes d’infections bactériennes graves chez les enfants et les adultes dans le monde entier. Cet microorganisme, bien qu’il vive couramment dans les voies respiratoires de nombreuses personnes sans causer de troubles, peut, dans certaines circonstances, déclencher des maladies qui vont de l’otite à des affections potentiellement mortelles comme la méningite.

Connaître les caractéristiques de ce bactérie, les modes de transmission et surtout les stratégies de prévention disponibles est fondamental pour protéger la santé des plus petits et des personnes vulnérables. Dans cet article, nous explorerons tous les aspects principaux liés au pneumocoque pour aider à reconnaître les symptômes, comprendre les risques et adopter les mesures préventives les plus efficaces.

Qu’est-ce que le pneumocoque

Le Streptococcus pneumoniae, communément appelé pneumocoque, est une bactérie responsable de nombreuses infections pouvant toucher différentes parties de l’organisme et c’est un “Gram-positif encapsulé”, terme qui se réfère à une caractéristique de sa paroi cellulaire, lui conférant une résistance et une certaine structure particulière.

Une autre de ses caractéristiques est sa capacité à coloniser les voies respiratoires supérieures, en particulier le nez et le pharynx, sans nécessairement provoquer une maladie. Ce phénomène est appelé “colonisation asymptomatique” ou état de “porteur sain” et représente la condition la plus courante dans laquelle ce bactérie est retrouvée chez l’être humain.

La proportion de porteurs sains varie sensiblement selon les tranches d’âge : chez les enfants elle oscille entre 20% et 60%, avec des valeurs plus élevées chez ceux qui fréquentent les crèches et les écoles de la petite enfance, puisque le contact étroit et prolongé avec les autres enfants favorise la transmission; chez les adultes la proportion descend jusqu’à 5-10%. Les enfants, d’ailleurs, peuvent rester porteurs asymptomatiques pendant des semaines ou des mois, constituant ainsi un important réservoir pour la diffusion du pneumocoque d’une personne à l’autre, mais stimulant aussi la réponse immunitaire contre de futures infections.

Il est important de souligner que la colonisation à elle seule n’est pas une maladie et ne nécessite pas de traitement. Cependant, dans certaines circonstances (par exemple, une infection virale concomitante des voies respiratoires, un affaiblissement du système immunitaire, etc.) la bactérie peut se multiplier, envahir les tissus environnants ou se diffuser vers d’autres districts de l’organisme, provoquant ainsi une vraie infection.

Le pneumocoque cause principalement des infections des voies respiratoires (otites, sinusites, pneumonies) et seulement occasionnellement une méningite, à la différence d’un autre bactérie, le méningocoque, plus souvent responsable de méningite et qui peut coloniser lui aussi les voies respiratoires supérieures en tant que porteur sain. Pour cette raison, des vaccinations sont aujourd’hui disponibles pour les deux bactéries.

Données épidémiologiques

En France, les maladies bactériennes invasives à pneumocoque touchent principalement les très jeunes enfants (<2 ans) et les personnes âgées (>65 ans). Chez les enfants de moins de 5 ans, avant l’introduction de la vaccination universelle, l’incidence des formes invasives se situait autour de 15-20 cas pour 100 000 enfants par an. Avec le déploiement des programmes de vaccination, cette incidence a diminué considérablement dans de nombreuses régions françaises, même si des disparités territoriales persistent liées à la couverture vaccinale.

Du point de vue clinique, les otites moyennes aiguës, l’une des manifestations non invasives les plus courantes du pneumocoque, touchent principalement les enfants entre 6 mois et 3 ans, avec un pic d’incidence durant les mois d’hiver. On estime qu’au moins 60-70% des enfants auront vécu au moins un épisode d’otite moyenne aiguë avant l’âge de 3 ans, dont 30-40% pourraient être attribuables au pneumocoque. 

Les données du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC) montrent que les maladies invasives à pneumocoque touchent environ 30 000 à 40 000 personnes chaque année dans l’Union européenne; toutefois, les pays ayant mis en œuvre des programmes de vaccination universelle chez les enfants ont enregistré des réductions significatives de l’incidence des formes invasives (55-80%), non seulement chez les jeunes vaccinés mais aussi chez les adultes non vaccinés, grâce à ce que l’on appelle l’immunité collective.

A l’échelle mondiale, l’OMS estime que les infections pneumococciques causent chaque année environ 1 à 2 millions de décès, principalement dans les pays en développement et chez les tranches d’âge les plus vulnérables, et le pneumocoque est considéré comme la principale cause bactérienne de pneumonie chez les enfants de moins de 5 ans. Ainsi, compte tenu de cette morbidité et mortalité élevées, l’OMS a identifié la vaccination antipneumococcique comme l’une des stratégies prioritaires pour réduire la mortalité infantile dans le monde. 

Comment se transmet le pneumocoque

Le principal mode de transmission du Streptococcus pneumoniae est respiratoire, par les gouttelettes de sécrétions respiratoires émises lorsque une personne porteuse tousse, éternue, parle ou respire simplement. Il est important de souligner que la transmission se fait aussi bien à partir de personnes présentant une infection symptomatique que, et surtout, à partir de porteurs sains asymptomatiques, qui représentent le principal réservoir de la bactérie, et que les gouttelettes peuvent rester en suspension dans l’air pendant un certain temps, particulièrement dans les environnements clos et peu ventilés, comme les communautés scolaires et les établissements de soins.

Outre la transmission aérienne directe, le pneumocoque peut être transmis par contact avec des objets et des surfaces contaminées par des sécrétions respiratoires. La transmission indirecte est particulièrement pertinente dans les environnements fréquentés par les jeunes enfants, qui ont tendance à porter les objets et les mains à la bouche. 

Enfin, les infections à pneumocoque présentent une saisonnalité marquée, avec des pics d’incidence durant les mois d’hiver et le début du printemps, typiquement entre novembre et mars dans l’hémisphère nord. En effet, pendant les mois froids, les gens passent plus de temps dans des espaces clos et peu ventilés, ce qui favorise la transmission. De plus, les températures basses et la faible humidité des environnements chauffés peuvent rendre les muqueuses respiratoires plus sèches et moins efficaces pour contrer les infections.

Pathologies causées par le pneumocoque

Plusieurs maladies sont causées par le pneumocoque : des infections localisées relativement bénignes à des affections invasives potentiellement mortelles. Les formes non invasives sont celles où la bactérie reste confinée aux muqueuses sans envahir les organes internes. Bien que généralement moins graves que les formes invasives, ces infections sont beaucoup plus fréquentes et représentent une charge importante en termes de morbidité, notamment chez les enfants.

  • L’otite moyenne aiguë est probablement la manifestation non invasive la plus courante du pneumocoque, particulièrement chez les enfants entre 6 mois et 3 ans. Il s’agit d’une infection de l’oreille moyenne caractérisée par un accumulé de liquide purulent derrière le tympan, qui se manifeste généralement par une douleur auditive intense, fièvre, irritabilité et, dans les cas plus graves, perforation du tympan avec écoulement purulent. 
  • La sinusite est une infection des sinus paranasaux qui peut se manifester par une congestion nasale persistante, une rhinorrhée purulente, des douleurs faciales localisées (sous les pommettes, au niveau du front ou autour des yeux), des céphalées et de la fièvre.
  • La conjonctivite, bien que moins fréquente, peut se manifester par une rougeur oculaire, une sécrétion purulente et une sensation de corps étranger dans l’œil.
  • Le pneumocoque est également la principale cause bactérienne de pneumonie communautaire dans toutes les tranches d’âge, responsable d’environ 30-50% des cas de pneumonie bactérienne. La pneumonie pneumococcique se manifeste typiquement par une fièvre élevée à apparition soudaine, une toux productive, des douleurs thoraciques exacerbées par la respiration profonde ou la toux (douleur pleurale), une fatigue et une gêne générale. Chez les jeunes enfants, les symptômes peuvent être moins spécifiques : respiration rapide, retraits intercostaux, refus de s’alimenter et léthargie.
  • La méningite à pneumocoque est l’une des formes les plus graves d’infection invasive. Les symptômes classiques chez les enfants plus âgés et les adultes incluent fièvre élevée, céphalée intense et persistante, raideur de la nuque (difficulté et douleur lors de la flexion du cou), photophobie (intolérance à la lumière), vomissements et état confusionnel. Chez les nourrissons et les très jeunes enfants, les symptômes peuvent être plus subtils : irritabilité inconsolable, pleurs aigus, refus de s’alimenter, léthargie ou au contraire hyperactivité, fontanelle tendue ou bombée. La méningite pneumococcique progresse rapidement et peut entraîner des convulsions, un coma et une mort en quelques heures si elle n’est pas traitée rapidement.
  • La sepsie fulminante à pneumocoque, également appelée bacteriémie pneumococcique, est une condition dans laquelle la bactérie envahit la circulation sanguine et se multiplie, déclenchant une réponse inflammatoire systémique potentiellement fatale. Les symptômes incluent fièvre très élevée ou, paradoxalement, hypothermie (température corporelle très basse), tachycardie (rythme cardiaque accéléré), tachypnée (respiration très rapide), altération de l’état de conscience, réduction de la production d’urine et, dans les formes les plus graves, hypotension (pression artérielle basse) jusqu’à une défaillance multiviscérale et un risque élevé de mortalité.

Facteurs de risque, symptômes et quand se préoccuper

Repérer rapidement les facteurs de risque et les symptômes des infections à pneumocoque est fondamental pour assurer une intervention médicale rapide et améliorer le pronostic.

Les infections virales des voies respiratoires supérieures constituent l’un des principaux facteurs prédisposants. Des virus comme l’influenza, le virus respiratoire syncytial, les rhinovirus et les adénovirus affaiblissent le mécanisme de défense qui élimine les particules et les bactéries des voies aériennes (ce qu’on appelle le « clearance mucociliaire ») et créent des conditions favorables à l’invasion bactérienne. Il n’est pas étonnant que les infections pneumococciques surviennent souvent quelques jours après un rhume ou une grippe.

Le tabagisme passif a aussi un impact significatif sur le risque d’infections respiratoires chez les enfants, y compris celles à pneumocoque, avec une augmentation du risque de développer des otites moyennes aiguës et des pneumonies de 30 à 70% par rapport à des enfants non exposés.

L’immunodépression, qu’elle soit congénitale ou acquise, représente un autre facteur de risque important. Les enfants présentant des déficits immunitaires primaires, une infection à VIH, des traitements immunosuppresseurs pour des pathologies chroniques ou une transplantation d’organe, l’utilisation prolongée de corticostéroïdes à fortes doses ou la chimiothérapie présentent un risque beaucoup plus élevé de développer des infections invasives graves.

D’autres facteurs prédisposants incluent la malnutrition, la prématurité et le faible poids à la naissance chez les nourrissons, la promiscuité résidentielle, la fréquentation des crèches, la saison (risque plus élevé pendant les mois froids) et l’absence de rate (asplénie), organe chargé d’éliminer les bactéries encapsulées du sang, entraînant un risque accru de sepsis fulminant.

Enfin, les porteurs d’implants cochléaires (dispositifs électroniques destinés à restaurer l’audition) présentent un risque accru de méningite pneumococcique, estimé à environ 30 fois supérieur par rapport à la population générale. L’implant cochléaire peut en effet créer une voie de communication qui facilite la diffusion de la bactérie des oreilles vers les méninges.

Du point de vue symptomatique, en plus de ce qui a été vu précédemment, il faut rappeler que les infections des voies respiratoires supérieures causées par le pneumocoque peuvent se manifester par des symptômes similaires à ceux d’un banal rhume, mais avec des caractéristiques plus marquées: fièvre, mal de gorge, obstruction nasale, toux et malaise général. La distinction entre une infection virale et une surinfection bactérienne à pneumocoque peut être difficile; des éléments évoquant une étiologie bactérienne incluent fièvre persistante au-delà de 3-4 jours, aggravation des symptômes après une amélioration initiale et présence de sécrétions purulentes. 

Il existe des situations spécifiques dans lesquelles il est impératif de contacter immédiatement le médecin ou de se rendre aux urgences, car elles peuvent indiquer une infection invasive grave nécessitant un traitement urgent :

  • difficulté respiratoire sévère avec cyanose (coloration bleutée des lèvres ou des extrémités), tirage intercostal marqué ou incapacité à parler ou à pleurer par manque d’air ;
  • toux avec expectoration teintée de sang ; 
  • état confusionnel, altération de la conscience, difficulté à se réveiller ou absence de réponse aux stimuli ;
  • convulsions ;
  • rigidité de la nuque avec impossibilité de fléchir le cou ;
  • pleurs inconsolables à haute tonalité qui persistent pendant des heures ;
  • refus total de boire avec signes de déshydratation (lèvres sèches, absence de larmes, diminution marquée de la production d’urine) ;
  • apparition de taches rouges ou violacées sur la peau (pétéchies ou purpura) qui ne disparaissent pas à la pression ;
  • extrémités froides avec une peau marbrée et un pâlissement marqué ;
  • somnolence extrême avec impossibilité d’être complètement réveillé.

De plus, il est recommandé de contacter le pédiatre dans les heures qui suivent (ne pas attendre le lendemain) si apparaît :

  • une fièvre supérieure à 39°C qui ne répond pas aux antipyrétiques ou qui persiste au-delà de 48-72 heures ;
  • douleur thoracique aggravée par la respiration ;
  • vomissements répétés avec une diminution de l’apport hydrique ;
  • aggravation soudaine de l’état après une amélioration initiale ;
  • douleur d’oreille intense qui ne répond pas aux analgésiques ;
  • céphalée très intense et persistante ;
  • comportement anormal, irritabilité marquée ou apathie significative.

Enfants et groupes à risque

Le Streptococcus pneumoniae chez les enfants, en particulier ceux de moins de 2 ans, peut conduire au développement d’infections graves. Cette plus grande sensibilité est due à plusieurs facteurs liés à l’immaturité du système immunitaire et aux caractéristiques anatomiques et physiologiques propres à cet âge.

En effet, le système immunitaire des nourrissons et des très jeunes enfants n’est pas encore pleinement développé, avec une réponse immunitaire inefficace face aux polysaccharides capsulaires du pneumocoque, qui constituent le principal antigène contre lequel l’immunité protectrice doit se développer. De plus, les caractéristiques des voies respiratoires supérieures favorisent l’accumulation de sécrétions et la diffusion des infections.

La trompe d’Eustache, le conduit qui relie l’oreille moyenne à la gorge, est plus courte, plus horizontale et plus large chez les jeunes enfants que chez les adultes, facilitant la remontée des bactéries de la gorge vers l’oreille moyenne et donc l’apparition d’otites. De plus, la fréquentation des crèches et des communautés infantiles expose les jeunes enfants à des contacts répétés avec des agents pathogènes respiratoires, augmentant à la fois le risque de colonisation par le pneumocoque et celui des infections virales qui peuvent prédisposer à des surinfections bactériennes. Les statistiques confirment cette vulnérabilité accrue : avant l’introduction de la vaccination, l’incidence des maladies invasives à pneumocoque chez les enfants de moins de 2 ans était environ 10 à 20 fois supérieure à celle des adultes sains.

La tranche d’âge 2-5 ans, bien que moins vulnérable que les nourrissons, demeure toutefois à risque supérieur à la population générale. Le système immunitaire continue à mûrir pendant ces années, et l’entrée à l’école maternelle maintient une exposition élevée aux agents pathogènes respiratoires.

Diagnostic des infections à pneumocoque

Un diagnostic précis et rapide est fondamental pour garantir le traitement approprié des infections pneumococciques. Le processus commence toujours par une anamnèse méticuleuse et un examen clinique.

Le médecin collecte des informations sur l’historique des symptômes (leur début, leur évolution), les facteurs prédisposants (infection virale récente, exposition à des personnes malades, fréquentation de collectifs infantiles), l’historique vaccinal, la présence de pathologies chroniques et/ou de facteurs de risque, et les traitements en cours. L’examen physique varie selon le site suspecté de l’infection. Par exemple, en cas d’otite, on réalise une otoscopie.

Dans la pneumonie, l’auscultation thoracique peut révéler des bruits respiratoires anormaux tels que des crépitements ou une diminution du son pulmonaire dans les zones consolidées, tandis que dans la méningite, l’examen neurologique est important et peut mettre en évidence des signes méningiques comme la raideur nucale, le signe de Kernig (impossibilité d’étendre complètement la jambe lorsque la cuisse est fléchie sur le bassin) et le signe de Brudzinski (flexion involontaire des jambes lors de la flexion du cou). Chez les nourrissons, on évalue la tension de la fontanelle.

Pour les infections non invasives, le diagnostic est souvent essentiellement clinique ; rarement des examens sanguins ou des prélèvements sont nécessaires. Les formes invasives nécessitent des investigations diagnostiques plus approfondies pour confirmer le diagnostic, identifier le pathogène responsable et orienter la thérapie.

Dans la pneumonie, la radiographie thoracique est essentielle pour confirmer le diagnostic, évaluer l’étendue et identifier d’éventuelles complications (épanchement pleural, abcès), tandis que pour la méningite, l’examen du liquide céphalorachidien (LCR) est diagnostique, obtenu par ponction lombaire. L’examen microbiologique identifie Streptococcus pneumoniae et permet de réaliser l’antibiogramme pour guider la thérapie.

L’antigène pneumococcique urinaire est un test rapide qui détecte les polysaccharides capsulaires du pneumocoque dans les urines et est particulièrement utile chez les patients qui ont déjà commencé une antibiothérapie, qui peut négativer les cultures sanguines mais n’influe pas sur l’antigène urinaire pendant quelques jours. Chez les enfants, toutefois, le test peut donner des résultats faussement positifs en raison de la colonisation nasopharyngée, limitant son utilité.

Traitement

La thérapie du pneumocoque varie selon la gravité et le siège de l’infection. Il faut rappeler que l’intervention médicale rapide dans les infections pneumococciques invasives, comme la méningite, est cruciale et peut faire la différence entre une guérison complète et le développement de complications graves ou même mortelles. Pour cette raison, face à un soupçon clinique fondé de méningite, la thérapie antibiotique empirique doit être commencée immédiatement, même avant d’obtenir les résultats des examens diagnostiques. Pour les formes non invasives comme l’otite et la sinusite, bien que le délai soit moins stringent, une intervention rapide réduit la durée des symptômes, prévient les complications locales (comme la mastoïdite dans l’otite ou l’extension orbitaire dans la sinusite) et améliore le confort du patient.

Les antibiotiques constituent le pivot du traitement des infections bactériennes à pneumocoque, dont le choix dépend de la localisation de l’infection, de la gravité, de l’âge du patient et de l’existence d’éventuelles résistances aux antibiotiques. 

Malheureusement, la résistance aux antibiotiques représente un défi croissant dans le traitement des infections pneumococciques, principalement en raison de l’usage excessif et inapproprié des antibiotiques ces dernières décennies. Par exemple, des souches de pneumocoque résistantes à la pénicilline (PRSP, Penicillin-Resistant Streptococcus pneumoniae) sont apparues à partir des années 1980 et leur diffusion a été variable selon les zones géographiques.

Outre la pénicilline, le pneumocoque peut développer une résistance aux macrolides, céphalosporines et autres antibiotiques. La résistance multiple (à plusieurs classes d’antibiotiques simultanément) est particulièrement préoccupante, raison pour laquelle l’utilisation appropriée des antibiotiques et leur prescription ne doivent être indiquées que lorsque nécessaire.

Pour la fièvre et la douleur, on utilise des antipyrétiques et des analgésiques tels que le paracétamol ou l’ibuprofène. Il est important de maintenir une bonne hydratation, particulièrement chez les jeunes enfants qui peuvent rapidement se déshydrater à cause de la fièvre, des vomissements ou du refus de boire.

Dans la pneumonie, en cas de difficulté respiratoire, une oxygénothérapie peut être nécessaire pour maintenir des niveaux adéquats de saturation en oxygène dans le sang. 

Dans la méningite, en plus des antibiotiques, les recommandations préconisent l’utilisation de corticostéroïdes (dexaméthasone) administrés avant ou en même temps que la première dose d’antibiotique. Les corticoïdes réduisent l’inflammation méningée et ont démontré leur efficacité pour diminuer le risque de surdité et d’autres séquelles neurologiques, en particulier chez les enfants.

Prévention

La prévention des infections pneumococciques repose sur des mesures d’hygiène générales et, surtout, sur la vaccination.

Le lavage minutieux et fréquent des mains constitue l’une des mesures préventives les plus efficaces et simples pour réduire la transmission des agents pathogènes respiratoires, y compris le pneumocoque. Les mains doivent être lavées avec de l’eau et du savon pendant au moins 20 secondes, en frottant soigneusement toutes les surfaces, ou en utilisant des solutions à base d’alcool (gel hydroalcoolique) lorsque l’eau et le savon ne sont pas disponibles.

L’hygiène respiratoire inclut : couvrir le nez et la bouche avec un mouchoir en papier lors de la toux ou des éternuements, puis jeter immédiatement le mouchoir dans une poubelle et se laver les mains ; s’il n’y a pas de mouchoir, tousser ou éternuer dans le pli du coude plutôt que dans les mains ; éviter de toucher les yeux, le nez et la bouche avec des mains non lavées.

Limiter l’exposition à des personnes atteintes d’infections respiratoires aiguës réduit le risque de transmission. Lorsque cela est possible, les enfants en bas âge ou les personnes vulnérables devraient éviter les contacts rapprochés avec des individus présentant une toux, un rhume ou d’autres symptômes respiratoires, particulièrement pendant les périodes de pic de circulation des virus respiratoires (généralement automne-hiver).

De plus, une bonne aération des espaces clos diminue la concentration de pathogènes dans l’air, il est donc important de ventiler fréquemment les pièces en ouvrant les fenêtres (au moins deux à trois fois par jour pendant quelques minutes), surtout dans les environnements fréquentés par de nombreuses personnes comme les salles de classe, les bureaux ou les habitations, mais aussi d’éviter un surchauffage excessif et de maintenir une humidification adéquate, car l’air trop sec irrite les muqueuses respiratoires et les rend plus vulnérables.

Enfin, comme indiqué précédemment, le tabagisme passif augmente significativement le risque d’infections respiratoires chez les enfants; il serait donc souhaitable que les parents fumeurs arrêtent de fumer. Lorsque cela n’est pas possible immédiatement, il est conseillé de ne pas fumer en présence des enfants, de ne pas fumer à la maison ou en voiture (même lorsque les enfants ne sont pas présents, car les substances nocives se déposent sur les surfaces et restent dans l’environnement) et de se laver les mains et changer de vêtements après avoir fumé avant d’avoir des contacts étroits avec les enfants.

Vaccination contre le pneumocoque

Le vaccin antipneumococcique représente l’outil préventif le plus efficace contre les infections invasives causées par cette bactérie.
Pour des informations complètes sur la vaccination antipneumococcique, voir les indications ci-dessous et ce qui suit.

Article pensé et écrit par :
Avatar de Julie Ménard
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