Trumps Handelspolitik
US-Regierung verhängt neue Zölle gegen 60 Länder
En raison de supposées mesures insuffisantes contre le travail forcé, le président américain Trump a imposé des droits de douane sur des importations en provenance de 60 pays – jusqu’à 12,5 %. L’Union européenne est aussi concernée. Cette décision a immédiatement suscité des critiques.
Le président américain Donald Trump a imposé de nouveaux droits de douane compris entre 10 et 12,5 % sur des importations en provenance de 60 pays. Certains produits en provenance de l’Union européenne seraient concernés, selon le Bureau du représentant au commerce des États-Unis (USTR), dirigé par Jamieson Greer.
Ces droits de douane supplémentaires entrent en vigueur à 6 h 01, heure centrale européenne. Sont exemptés les produits qui avaient déjà été chargés à bord d’un navire, qui se trouvaient sur le dernier tronçon du trajet et qui ont été dédouanés avant le 28 juillet.
Des exemptions s’appliqueront aussi pour le pétrole, le gaz naturel, les engrais et les biens couverts par l’accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada (USMCA).
Pour l’Union européenne, un droit de douane de 10 % s’appliquera désormais. La justification fournie disait que les pays visés, qui représentent près de 99 % des importations américaines, n’avaient pas assuré suffisamment l’interdiction des biens fabriqués sous le travail forcé.
Les droits de douane existants expirent vendredi
Trump s’appuie sur l’article 301 de la loi commerciale. Cette disposition autorise le président à imposer des droits sur les importations en provenance de pays qui sont accusés de pratiques commerciales « injustes, déraisonnables ou discriminatoires ».
Par ailleurs, la période légale pour les droits de douane actuels de 10 % arrivait à échéance aujourd’hui. Après sa défaite devant la Cour suprême en février, Trump les avait imposés en urgence.
La Cour suprême avait jugé à l’époque que les droits antérieurs de Trump contre des dizaines de partenaires commerciaux – dont l’Union européenne – avaient été illégaux au titre d’un état d’urgence, et que Trump avait outrepassé ses prérogatives présidentielles.
Contre-arguments émanant de plusieurs États
Dès l’annonce, les nouveaux droits de douane ont suscité des critiques. Le député démocrate Richard Neal a dénoncé une justification avancée pour une politique douanière fondée sur des bases juridiques discutables.
Le Brésil a qualifié ces droits de « arbitraires et injustifiés » et a annoncé qu’il activerait sa loi sur la réciprocité qui pourrait permettre des droits de représailles. Le pays a également déclaré son intention de déposer une plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Le Chili a aussi critiqué la décision, soulignant ses propres standards stricts en matière de travail et de surveillance contre le travail forcé. Des critiques similaires sont venues d’Australie et de la Nouvelle-Zélande.
« Ces droits de douane sont non justifiés et vont à l’encontre de notre accord de libre-échange », a déclaré le ministre australien du Commerce Don Farrell. Ils devraient être retirés, a-t-il ajouté. Le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon a qualifié l’annonce de Washington d’« extrêmement décevante ». Les droits de douane ne constituent pas la voie à suivre: « Ils augmentent les coûts et créent de l’incertitude pour les entreprises. »
Doutes sur les motifs
Par ailleurs, Luxon a exprimé des doutes quant à la justification fournie par Washington: « L’enquête américaine ne présente pas de preuves solides pour étayer les allégations relatives au travail forcé », a-t-il déclaré sur X.
La même position a été exprimée par le gouvernement japonais, qui a fait part de son « regret » face à la décision américaine. « L’industrie et le commerce du Japon agissent selon les règles internationales », a déclaré un porte-parole. Les droits de douane visant Tokyo semblent avoir été imposés principalement sur la base de l’absence d’interdiction pour l’importation de produits fabriqués avec du travail forcé.
Le Canada n’exclut pas de mesures de rétorsion
Le Canada envisage de répliquer par des mesures de représailles potentielles. « Si ces droits ou d’autres mesures entrent en vigueur, il existe toute une série de possibilités sur lesquelles nous pourrions réagir », a déclaré le premier ministre Mark Carney après une rencontre avec les chefs des provinces et territoires canadiens.
Si aucun accord n’est trouvé avant l’entrée en vigueur des droits, tout est sur la table. Néanmoins, il ne voit pas de réaction prématurée comme judicieuse.
Les droits de douane visent notamment le miel, l’alcool, le ciment, les produits laitiers, certains produits forestiers et les épées de hockey sur gazon en provenance du Canada. Sont exclus les produits énergétiques, le potassium, le poisson et les minéraux essentiels. Des biens jusqu’ici protégés par l’accord de libre-échange USA-Mexique-Canada (USMCA) pourraient aussi être concernés.