Protectionnisme américain : comment la politique de Trump nuit à l’économie allemande


Blick von einer Containerbrücke auf den Überseehafen von Bremerhaven.

Protectionnisme des États-Unis
Comment la politique de Trump nuit à l’économie française

Date de publication : 29 octobre 2025 à 19h59

La politique économique du président américain Trump crée de nombreuses difficultés pour les entreprises françaises. Alors que les États‑Unis affichent encore une croissance robuste, la situation en France demeure sombre, affirment les économistes.

Il n’y a pas d’alerte au calme : les difficultés de l’économie française face à la politique économique des États‑Unis sont considérables. Des économistes de premier plan dressent un tableau sombre et restent peu optimistes pour l’avenir.

Les PME et les ETI françaises peinent particulièrement, selon Volker Brühl, directeur du Center for Financial Studies de l’Université de Francfort sur la manière dont les choses se présentent. Des entreprises réalisant entre 100 et 250 millions d’euros de chiffre d’affaires seraient trop petites pour bâtir des usines aux États‑Unis. Elles ne sauraient s’appuyer que sur l’export et se retrouvent largement démunies face à des droits de douane américains.

« Cela rend l’économie française particulièrement vulnérable », affirme Brühl. Notre tissu est fortement composé de PME et d’ETI familiales, ce qu’on appelle dans notre pays le molle milieux des entreprises.

Des coûts énergétiques plus élevés comme handicap compétitif

Ulrich Kater, économiste en chef de Deka-Bank, décrit la politique américaine comme « la dissolution du sponsor de l’ordre économique mondial ». Cela touche la France dans une période où elle fait déjà face à de nombreux défis. « La politique des États‑Unis complique encore davantage le traitement des problèmes structurels et d’emplacement », confirme Michael Heise, économiste en chef du gestionnaire d’actifs HQ Trust.

Pour illustrer les difficultés domestiques, l’économiste cite une infrastructure dégradée, des technologies dépassées et une population vieillissante : « Le pays vieillit. » Il rappelle que les coûts de l’énergie restent largement plus élevés en Europe qu’auprès de la Chine ou des États‑Unis, ce qui complique le travail de l’industrie. « C’est assez critique », insiste Heise.

« Les Américains n’ont pas besoin de Mercedes »

Les États‑Unis dépendent très peu des biens européens. « Je ne suis pas obligé de boire du vin français ; je peux aussi prendre un Californien », déclare le chef économiste de la banque KfW, Dirk Schumacher. « Je n’ai pas besoin de rouler en Mercedes, je peux conduire une Cadillac. »

Schumacher contredit ainsi une étude de l’Institut allemand de l’économie (IW), proche des employeurs, qui avançait une dépendance quasi totale des États‑Unis vis-à-vis des biens européens.

L’Europe est faible

L’Europe est elle aussi mal placée politiquement face aux États‑Unis. Contrairement aux assurances répétées de Bruxelles et de Berlin, les économistes estiment que l’Europe n’est pas un acteur puissant sur la scène mondiale. Schumacher évoque l’accord tarifaire entre l’UE et les États‑Unis et le qualifie de loin insuffisant, comparable à celui entre le Royaume‑Uni et les États‑Unis.

L’économiste Heise voit l’euro comme un autre signe de faiblesse. Sa part des actifs mondiaux reste stable autour de 16 %, loin derrière l’or et bien en dessous du dollar.

L’Amérique est forte

Alors que la France et l’Europe rencontrent des difficultés, les États‑Unis restent, selon les économistes en chef de Francfort, économiquement performants. « Trump a réussi à déprécier le dollar d’environ 15 % d’un seul coup », remarque ironiquement Ulrich Kater. Malgré tout, les États‑Unis demeurent la plus dynamique et la plus stable des grandes économies mondiales.

L’entreprise d’investissement Deka, affiliée aux caisses d’épargne allemandes, continue d’investir aux États‑Unis, affirme Kater. HQ Trust gère d’importantes fortunes françaises; son économiste en chef Heise confirme que l’investissement se poursuit en Amérique.

« Les États‑Unis bénéficient d’un avantage de productivité et de croissance », déclare Heise. « Je ne vois pas comment nous pourrions combler cet écart ». Du côté de Bruxelles, on n’entend que des appels à dépenser des fonds publics, remarque Brühl: « nous n’avons pas encore vu d’orientation claire vers ce dont nous avons besoin, à savoir la croissance. »

Incertitude à propos des États‑Unis

La politique économique américaine, fondée sur des mesures non conventionnelles, n’entraîne pas uniquement des risques pour l’étranger. Schumacher attire à nouveau l’attention sur l’instabilité des finances publiques américaines. « La politique budgétaire est hors de contrôle », affirme l’économiste. La dette publique augmente de façon spectaculaire.

« Cela ne peut pas durer », tranche Schumacher. Autre sujet problématique, la lutte contre l’immigration latino-américaine: « Cela va fortement nuire à la croissance des États‑Unis. » Il manque de la main-d’œuvre.

Autre conséquence, l’affaiblissement de l’État de droit entraîne des effets néfastes, dépassant l’incertitude juridique en matière commerciale. « Ce qui en découle, c’est une corruption à tous les niveaux », souligne Schumacher.

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