Quelles villes risquent de disparaître d’ici 2050 ?

Selon le rapport The Future We Don’t Want du réseau international C40 Cities, d’ici 2050, plus de 570 villes côtières seront exposées à l’élévation du niveau de la mer et à des inondations de plus en plus fréquentes, avec plus de 800 millions d’habitants en danger. La situation s’aggravera si des contre-mesures urgentes ne sont pas prises à l’échelle mondiale, non seulement concernant le réchauffement, mais aussi des phénomènes tels que la subsidence (affaiblissement/affaaissement du sol), l’extraction d’eau, l’érosion ou la perte de sédiments. Dix cas exemplaires.

New Orleans (États-Unis)

Une grande partie de la cité, berceau du jazz, se trouve déjà sous le niveau de la mer et est protégée par un complexe système d’ouvrages de levée et de pompes hydrauliques. Après l’ouragan Katrina de 2005, des milliards ont été investis pour améliorer les défenses, mais le terrain continue de s’affaisser et les zones humides qui faisaient office de barrière naturelle diminuent. Les experts estiment que pour sauver la ville, il faudra déployer encore davantage de moyens.

Miami (États-Unis)

Ni delta fluvial ni bassin lacustre, mais des roches calcaires très poreuses. Sur ce terrain s’élève la métropole la plus emblématique de la Floride et cela permet à l’eau de mer de s’infiltrer sous la surface, contournant les digues et les barrières. À cela s’ajoute le relèvement des mers, qui provoque déjà des inondations lors des marées hautes. Pour ces particularités, les experts considèrent Miami comme l’un des cas d’adaptation climatique les plus difficiles à relever.

Mexico (Mexique)

Construite sur le bassin de l’ancien lac Texcoco, la capitale mexicaine n’a pas peur de la mer mais du terrain sur lequel elle repose. L’extraction massive d’eau des nappes phréatiques provoque en effet l’une des subsistances les plus rapides du monde, avec le sol qui s’abaisse d’environ 20–30 cm par an. Cela entraîne des dégâts continus sur les routes et infrastructures, rendant complexe la vie d’une mégalopole de 21 millions d’habitants.

Alexandrie (Égypte)

Fondée par Alexandre le Grand en 331 av. J.-C., Alexandrie est l’une des villes les plus anciennes de la Méditerranée. Aujourd’hui, elle est menacée par l’érosion côtière et le réchauffement climatique, qui entraîne l’intrusion d’eau salée dans le delta du Nil. Selon plusieurs études, elle devra apprendre à vivre avec des inondations répétées, qui causeront d’importants dommages non seulement à l’agriculture mais aussi au précieux patrimoine archéologique.

Bangkok (Thaïlande)

Située dans le delta du fleuve Chao Phraya, elle est bâtie sur des terrains mous et instables. De nombreuses zones de la ville se trouvent à moins de deux mètres environ au-dessus du niveau de la mer et les études prévoient une augmentation des inondations côtières dans les prochaines décennies. Des pluies de mousson plus intenses et les changements climatiques risquent de frapper une métropole qui accueille plus de 10 millions d’habitants.

Jakarta (Indonésie)

Née au Ve siècle sur le delta de 13 rivières, ces dernières années Jakarta a sombré de plus de quatre mètres et aujourd’hui environ 40 % de la zone urbaine est déjà sous le niveau de la mer. Cette combinaison entre subsidence et élévation des océans a conduit le gouvernement local à investir 32 milliards de dollars pour construire de zéro une nouvelle capitale, Nusantara, dans la jungle du Borneo, où les activités seront progressivement déplacées.

Manille (Philippines)

Capitale d’un des États les plus exposés au monde face aux typhons et aux inondations, Manille est aussi confrontée au double problème causé par la subsidence, due à l’exploitation excessive des nappes phréatiques, et à la montée des eaux marines. Certaines zones de la métropole s’enfoncent d’environ deux centimètres par an et, sans interventions radicales, pourraient se retrouver sous l’eau d’ici la fin du siècle.

Hô-Chi-Minh-Ville (Vietnam)

Centre économique du Vietnam, elle se situe dans une région extrêmement exposée aux inondations, avec près de 40-45 % de l’espace urbain à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer. Outre l’élévation des océans, la ville doit faire face à la subsidence provoquée par l’extraction d’eau souterraine, un effet combiné qui amplifie le risque dinondations chroniques dans de nombreux quartiers.

Venise (Italie)

Il est probablement la ville la plus célèbre au monde lorsque l’on parle de risque climatique. La lagune de la Sérénissime se situe juste au-dessus du niveau de la mer et la ville continue lentement de s’enfoncer tandis que les océans s’élèvent. Le système de digues mobiles MOSE a réduit le risque d’inondations extrêmes, mais les chercheurs estiment que sur le long terme d’autres interventions d’adaptation seront nécessaires.

Amsterdam (Pays-Bas)

Construite entre canaux, polders et terrains très bas, Amsterdam est protégée par des digues, des pompes et des barrières qui font des Pays-Bas un modèle mondial de défense contre l’eau. Cela dit, le risque demeure: selon le Delta Programme néerlandais, d’ici 2100 le niveau de la mer le long des côtes nationales pourrait monter aussi d’un mètre, obligeant les Néerlandais à repenser leurs défenses pour survivre.
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