Ce n’est ni de la paresse ni un manque de capacité: les DSA dépendent d’architectures neurobiologiques uniques. Du trouble de la dyslexie à la dyscalculie, voici comment fonctionnent les troubles spécifiques de l’apprentissage.
Codifiés par l’Organisation mondiale de la Santé, les « troubles spécifiques de l’apprentissage », ou DSA, n’ont rien à voir avec une faible intelligence ou avec peu de motivation à s’appliquer, mais dépendent des configurations neurobiologiques particulières de ceux qui en souffrent, au point que les systèmes éducatifs prévoient aujourd’hui des plans pédagogiques personnalisés. Ci‑après, un récapitulatif des principaux DSA, parmi lesquels (probablement) se seraient aussi plaintes de nombreuses figures célèbres.
Dyslexie
La dyslexie touche ceux qui en sont atteints, qui peinent à lire, ont du mal à décoder les signes écrits et confondent entre eux des lettres symétriques comme « b/d » ou « p/q ». Elle a été le premier DSA découvert, et fut nommée en 1877, par le médecin allemand Adolf Kussmaul, « cécité pour les mots ». En 1887, son compatriote Rudolf Berlin a plutôt instauré le terme « dyslexie ».
Aujourd’hui, pour y faire face, on recourt fréquemment aux livres audio. Parmi les cas célèbres évoqués figure le savant Albert Einstein, qui a commencé à parler seulement à l’âge de quatre ans et qui fut à l’école un élève très distrait. Ses connexions mentales atypiques l’ont toutefois amené à décrocher le prix Nobel de Physique (1921).
Dysorthographie
Ce trouble concerne l’écriture et se manifeste par des erreurs, des omissions et des substitutions de lettres, même en présence d’une bonne lecture. Le écrivain Hans Christian Andersen, auteur de La Petite Sirène, en est affecté et commettait de nombreuses fautes phonétiques et orthographiques dans ses contes, allant parfois jusqu’à inventer des mots.
De même, l’homme d’État Winston Churchill accumulait les imprécisions et avait des difficultés avec la grammaire, mais il a pourtant brillé dans l’art oratoire (il remporta le Prix Nobel de littérature en 1953). Même la reine du roman policier Agatha Christie remplissait ses manuscrits d’erreurs d’orthographe, préférant dicter ainsi ses intrigues à ses secrétaires.
Dysgraphie
Ceux qui en souffrent présentent des difficultés d’ordre exécutif et moteur dans l’écriture, ce qui rend le tracé irrégulier, imprécis et peu lisible. Le trouble ne concerne donc pas le langage dans son ensemble, mais uniquement l’organisation du geste graphique. À en souffrir, selon beaucoup, serait même le génie Léonard de Vinci, qui, en écrivant de droite à gauche, commettait de nombreuses erreurs linguistiques, se révélant souvent incompréhensible (compensant toutefois par une intelligence exceptionnelle).
Dyscalculie
Elle est le trouble lié aux capacités de calcul, qui entraîne d’importantes difficultés à comprendre les nombres et les procédures arithmétiques, même pour des opérations algébriques très simples (pour y remédier, on autorise fréquemment l’usage de la calculatrice pour les élèves qui en souffrent). Un exemple emblématique est celui de l’inventeur prolifique Thomas Edison, à l’école jugé « lent » en arithmétique, mais qui a ensuite pu breveter plus de mille inventions (du phonographe à l’ampoule à incandescence).
Troubles mixtes des aptitudes scolaires (TMAS)
Les DSA peuvent aussi se présenter sous une forme multiple, et dans ce cas on parle de « Troubles mixtes des aptitudes scolaires » (TMAS), condition qui s’avère d’ailleurs assez fréquente. Parmi les figures célèbres qui en auraient souffert, on pense vraisemblablement au peintre Pablo Picasso, artiste qui supportait mal la discipline scolaire et qui montrait des difficultés tant à la lecture qu’à l’écriture (il trouva toutefois dans l’art son langage expressif, transformant ainsi ses troubles en audace créatrice).
« Troubles annexes »
Outre les troubles listés, existent d’autres conditions qui, même si elles ne relèvent pas techniquement des DSA, présentent des caractéristiques analogues. Par exemple, le « trouble spécifique du langage » (compréhension et production du langage oral), la « dyspraxie » (difficulté à coordonner les mouvements, qu’ils soient fins ou grossiers), le « trouble de l’élaboration auditive » (dysfonctionnements auditifs non structurels) et celui du « l’apprentissage non verbal » (relatif à la sphère visuo-spatiale et sociale).