Qu’est-ce qui unit les sommets et les tennistes ? Le grognement

Ceux qui ne comprennent rien au tennis restent toujours émerveillés en regardant une partie et découvrent que les joueurs grognent pendant qu’ils jouent; et ce n’est pas un hasard : ils le font à chaque fois qu’ils frappent la balle. Ceux qui connaissent le tennis savent que ce n’est pas un hasard, mais une méthode pour synchroniser la respiration avec les mouvements du corps et frapper la balle avec plus de force.

Or, même les pics utilisent la même technique : une étude publiée dans le Journal of Experimental Biology démontre que le bec du pic bouge comme un « marteau », et que ces oiseaux utilisent aussi le grognement pour amplifier la puissance du coup.

La recherche. Les pics analysés dans l’étude sont huit exemplaires de Dryobates pubescens, les plus petits pics d’Amérique, qui ont été capturés et tagués afin d’être enregistrés pendant qu’ils perçaient des morceaux de bois. L’équipe a enregistré une série de vidéos à très haute fréquence d’image (fps), ce qui a permis d’analyser les mouvements des animaux dans les moindres détails, et elle a aussi mesuré les signaux électriques émis par leurs muscles et la pression d’air dans leur appareil respiratoire. De cette manière, il a été possible d’identifier quels muscles sont les plus impliqués dans les « coups de marteau », ainsi que le rythme et la fréquence de respiration des pics pendant l’acte.

Comme un marteau. En ce qui concerne les muscles, la découverte est que les pics contractent énormément de muscles avant de percer un arbre, afin de maximiser la rigidité de leur corps : en termes simples, ils se transforment en véritables marteaux. Sont essentiels les muscles fléchisseurs des hanches et ceux situés à l’avant du cou : en plus de contribuer à la rigidification des pics, ils produisent aussi l’élan en avant qui sert à attaquer l’arbre.

Respire et charge. Encore plus intéressante, toutefois, est la manière dont les pics respirent lorsqu’ils martèlent. Ils le font de manière similaire aux tennistes : à chaque coup sur le tronc, ils expirent, et inspirent lorsqu’ils se retirent en arrière pour charger le coup suivant. Tout cela se produit à des vitesses incroyables : les pics peuvent frapper un morceau de bois jusqu’à 13 fois par seconde, et les respirations entre les coups durent 40 millisecondes.

Tous les pics sont-ils des tennistes ? Le seul problème est que, à la différence des tennistes, il est impossible d’entendre les grognements des pics pendant qu’ils martèlent : le bruit des coups sur le bois les recouvre. Mais la similitude entre les deux techniques est indéniable : désormais l’équipe qui a mené l’étude souhaite vérifier quelles variations existent entre différentes espèces de pics, afin de comprendre notamment si tous sont des « tennistes ».

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