Une étude réalisée à partir de données satellitaires de 1985 à 2023 a enregistré une baisse de la chaleur libérée par l’océan dans l’atmosphère : l’AMOC s’est affaiblie de 14% en trente ans, avec de graves risques pour les hivers doux en Europe.
Le système de courants océaniques qui modère le climat européen – l’AMOC (acronimo de Atlantic meridional overturning circulation, capovolgimento méridional della circolazione atlantica) si sta indebolendo: questa volta la prova arriva… dall’alto, e non da misurazioni effettuate sulla superficie o nelle profondità degli oceani.
Une étude fondée sur des observations satellitaires a observé une réduction du transfert de chaleur entre les eaux de l’Atlantique et l’atmosphère terrestre au cours des quarante dernières années. Cette libération de chaleur, dont la circulation AMOC est le moteur, est la raison pour laquelle les hivers en Europe occidentale sont nettement plus doux que ceux du Canada et de l’Amérique du Nord.
L’analyse, en attente de révision et en prépublication sur Research Square, est considérée par certains comme l’une des preuves les plus directes et convaincantes du desserrement de l’AMOC, un tapis roulant d’eau chaude de surface venant des Tropiques à travers l’Atlantique, et d’eau froide en profondeur du Nord Atlantique vers le sud.
AMOC: comment fonctionne et les effets sur le climat de la planète
La circulation AMOC est guidée par les différences de température et de salinité de l’eau, qui créent des différences de densité: on peut l’imaginer comme une pompe hydraulique qui collecte l’eau chaude et salée des Tropiques et la transporte vers l’Océan Atlantique nord, où l’eau se refroidit et devient plus dense, s’enfonçant en profondeur et repartant vers le sud, pour recommencer le cycle.
Ce système distribue la chaleur à travers le monde et constitue un régulateur important du climat terrestre: lorsque l’eau se refroidit dans l’Atlantique nord, elle cède une partie de l’énergie thermique à l’atmosphère, atténuant le climat de l’Europe occidentale et septentrionale. L’AMOC explique la différence d’environ 11 °C entre les températures hivernales moyennes de Rome et de Chicago, qui se trouvent pourtant à des latitudes similaires.
L’hypothèse d’un lent effondrement de l’AMOC
L’apport massif d’eau douce dans l’Atlantique Nord dû à la fonte des glaces du Groenland dilue les eaux du nord de l’Atlantique, les rendant moins salées et moins denses, ralentissant leur plongée et affaiblissant ainsi tout le mécanisme de l’AMOC.
Selon certains modèles, l’injection continue d’eau douce dans l’Atlantique pourrait ralentir cette courante vitale jusqu’à la porter au déclin, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour le climat européen, qui ferait face à un refroidissement brusque et rapide, et pour le climat mondial.
Moins de chaleur à céder
La nouvelle étude des scientifiques de l’Université de Reading, au Royaume-Uni, est la première à suggérer un ralentissement de l’AMOC en mesurant les flux de chaleur détectés par les satellites. Entre 1985 et 2023, la chaleur dispersée par l’océan Atlantique aurait diminué de 18 %. Après avoir estimé le flux moyen de l’AMOC par décennie, en comparant les données de la première décennie à celles des décennies suivantes, les chercheurs ont conclu que l’AMOC s’était ralentie de 14% en 30 ans.
Une donnée qui se situe dans la lignée de ce que montrent d’autres études menées avec des méthodes différentes, par exemple en mesurant les températures de surface océaniques ou les variations de la pression de l’eau sur des bouées réparties dans le nord de l’Atlantique.
Comme les satellites peuvent mesurer l’évolution d’une tendance au fil du temps, si cette méthode est validée, elle pourrait servir à surveiller les « paramètres vitaux » de l’AMOC, en complétant les mesures de la température superficielle des océans.