Le recyclage des déchets électroniques (ou e-waste) est un problème que l’on tente de résoudre depuis des années : ce qu’il reste des smartphones, des tablettes et des ordinateurs finit souvent dans des décharges à ciel ouvert en Afrique ou en Asie, avec des conséquences dévastatrices pour la santé des habitants et l’environnement. À la base du problème de l’e-waste, outre le fait que nous ne recyclons pas correctement les appareils électroniques que nous rejetons, se trouve la difficulté de trouver des méthodes propres, économiques et efficaces pour extraire les métaux (qu’ils soient précieux ou non) des déchets.
Une équipe de recherche chinoise vient désormais présenter dans une étude publiée dans Angewandte Chemie International Edition une méthode qui promet de récupérer rapidement, économiquement et de manière écologique l’or contenu dans l’e-waste.
Comment cela se passe. Contrairement à de nombreuses méthodes employées jusqu’à présent, qui utilisent des substances chimiques toxiques comme le cyanure, la nouvelle technique prévoit l’emploi d’une simple solution aqueuse de potassium peroxymonosulfate et de chlorure de potassium. Lorsque la solution entre en contact avec l’or, elle le transforme en catalyseur : le métal active alors les ions chlorure et le peroxymonosulfate, qui produisent des oxydants extrêmement réactifs ; ces derniers rompent les liaisons entre les atomes d’or : à ce moment-là, les ions chlorure se lient aux atomes du métal et les libèrent dans la solution aqueuse, facilitant leur récupération.
Combien cela permet d’économiser. L’ensemble de la procédure se déroule en moins de 20 minutes à température ambiante, et coûte environ un tiers du prix des techniques de récupération de l’or les plus répandues. Avec une efficacité de 98,2 %, il parvient à recycler 1,4 gramme d’or pour 10 kg de déchets à un coût d’environ 67 € pour traiter 10 kg de déchets — soit environ 47 000 € par kilogramme d’or produit, nettement inférieur au prix actuel du marché de l’or qui se situe autour de 135 000 €/kg.

Outre le coûts, la nouvelle méthode consomme également environ 62,5 % d’énergie en moins par rapport aux techniques traditionnelles et produit moins de déchets secondaires ; les métaux dissous peuvent en effet être récupérés par de simples étapes de réduction et de purification, donnant ainsi de l’or de haute pureté.