Syndrome d’Edwards (trisomie 18) : définition, diagnostic prénatal et à quoi s’attendre

È una condizione genetica rara, che comporta aspettative di vita purtroppo limitate. Può essere sospettata già durante il primo trimestre di gravidanza tramite ecografia, anche se non sempre i segni sono così evidenti precocemente

La trisomia 18, également appelée syndrome d’Edwards, est une affection génétique rare qui peut être détectée dès la grossesse. Le doute est souvent levant lors d’un contrôle échographique ou après un test de dépistage prénatal et survient de manière soudaine, laissant peu de temps pour s’orienter parmi des informations complexes, prendre des décisions difficiles et gérer de fortes émotions. Dans cet article, nous tenterons de nous orienter entre les différentes formes, des plus favorables à celles plus complexes.

Qu’est-ce que le syndrome d’Edwards

Il s’agit d’une pathologie génétique causée par la présence d’une copie supplémentaire du chromosome 18 (en termes techniques, une “trisomie”). En temps normal, chaque cellule de l’organisme humain contient 46 chromosomes, répartis en 23 paires; dans le syndrome d’Edwards, le chromosome 18 est présent en trois copies.

Du point de vue génétique, on parle de trisomie chromosomique, et plus précisément de trisomie 18. Cette anomalie influe sur le développement embrayonnaire et fœtal dès les premières phases et concerne de nombreux organes et systèmes, ce qui produit un tableau clinique complexe et de gravité variable.

Il existe aussi d’autres trisomies autosomiques, comme la trisomie 13 et la trisomie 21 (Syndrome de Down). Les différences entre trisomie 13 et 18, connues aussi comme le syndrome de Patau et le syndrome d’Edwards, malgré des comorbidités très graves pour les deux, touchent à une survie légèrement plus élevée dans le cas de la trisomie 18 par rapport à la trisomie 13. La trisomie 18 et la trisomie 21 se distinguent, elles, par un pronostic meilleur et une espérance de vie plus longue chez les naissances atteintes du syndrome de Down. Une exception concerne les formes mosaïques de trisomie 18, où les symptômes sont moins graves et souvent compatibles avec la vie.

Quelle est la fréquence ?

Le syndrome d’Edwards est considéré comme une maladie rare. L’incidence estimée est d’environ un cas pour 5 000 à 6 000 naissances vivantes, mais ce chiffre ne reflète pas la fréquence réelle de la condition pendant la grossesse. En effet, on estime que plus de 90 à 95% des grossesses touchées par la trisomie 18 se terminent par une interruption spontanée avant terme, tandis qu’un nombre bien moindre de naissances survivent au-delà d’un an.

Cette condition affecte plus fréquemment le sexe féminin. Comme pour certaines anomalies chromosomiques, le risque peut augmenter avec l’âge maternel, mais il est important de souligner que la majorité des cas surviennent chez des femmes sans facteurs de risque connus, y compris l’âge. Le risque que la condition se reproduise lors d’une grossesse ultérieure est faible (environ 1%), mais le conseil génétique reste toujours important lorsque l’on parle de trisomie 18 et de pathologies chromosomiques.

Causes : pourquoi cela se produit

Les causes de la trisomie 18 sont liées à une erreur aléatoire de division cellulaire, appelée non-disjonction. Cette erreur survient lors de la formation des cellules reproductrices et conduit à la présence d’un chromosome 18 supplémentaire dès le moment de la conception, même si, dans certains cas, elle peut survenir juste après.

On peut distinguer trois formes génétiques principales :

  • Trisomie 18 libre complète. La plus fréquente, dans laquelle toutes les cellules présentent trois copies du chromosome 18, dans 90-94% des cas.
  • Trisomie 18 en mosaïque, où seule une partie des cellules est trisomique, et qui concerne environ 10% des cas.
  • Trisomie due à une translocation, lorsque le chromosome en trop s’associe à un autre chromosome et n’est pas libre, et est hérité d’un parent porteur, avec un pronostic plus ou moins grave selon le nombre de cellules impliquées. C’est la forme la plus rare, touchant environ 5% des naissances.

Le diagnostic et la confirmation définitive de la trisomie 18 s’obtiennent par l’analyse du caryotype, qui permet d’observer directement l’arrangement chromosomique du fœtus, et même dès le stade fœtal.

Échographie pendant la grossesse

La trisomie 18 peut être soupçonnée dès le premier trimestre de la grossesse lors d’une échographie, même si les signes ne sont pas toujours aussi évidents précocement (mais la présence d’autres anomalies associées augmente le risque de syndrome d’Edwards).

Parmi les signes observés les plus fréquents, on retrouve :

  • Retard de croissance intra-utérin (RCIU), avec un ralentissement global de la croissance (longueur, poids et périmètre crânien), impliquant divers organes et tissus.
  • Hydramnios, c’est-à-dire un excès de liquide amniotique, probablement dû à des difficultés de déglutition du fœtus, à des malformations cranio-faciales ou abdominales.
  • Artère ombilicale unique. Il peut exister une seule artère ombilicale au lieu de deux, ce qui peut engendrer un déséquilibre hémodynamique, surtout en présence d’autres signes observés à l’échographie.
  • Cardiopathies congénitales, notamment des défauts interatriaux et interventriculaires.
  • Cystes des plexus choroïdes. Dans 50% des diagnostics de trisomie 18, on observe la présence de cystes formés au niveau des plexus choroïdes des ventricules cérébraux, où se fabrique le liquide cérébro-spinal. Associés à d’autres malformations, ils influent sur le développement neurologique et neurovasculaire.

Il est important de rappeler qu’aucun signe échographique pris seul ne permet de poser un diagnostic certain. Les échographies, y compris les échographies de suivi, jouent un rôle essentiel pour déceler des signaux d’alerte et orienter des investigations supplémentaires, mais la confirmation nécessite toujours des examens génétiques.

Tests et outils de diagnostic prénatal

Comment découvrir la trisomie 18 en grossesse ? Les tests de diagnostic prénatal, fiables et sûrs, jouent un rôle crucial. Il faut distinguer les tests de dépistage, qui estiment une probabilité, des examens diagnostiques, qui permettent de confirmer ou d’infirmer avec certitude la présence de la trisomie.

Les principaux tests sont :

  • Test combiné (dépistage combiné). Réalisé entre la 11e et la 14e semaine, il intègre les valeurs liées à l’âge maternel, la translucence nucale mesurée par échographie et le dosage de free β-hCG et de PAPP-A, deux hormones produites par le placenta. Pour prédire le risque de trisomie 18, on utilise des valeurs de référence : les paramètres biochimiques montrent souvent une réduction de la PAPP-A (< 0,4 MoM) et du free β-hCG (valeurs inférieures à la moyenne de 1,0 MoM, plus basses que celles associées au syndrome de Down). Ces paramètres servent au dépistage et le résultat s’exprime sous forme d’un risque statistique, par exemple 1:100 ou 1:1 000. En général, une valeur supérieure à 1:1 000 est considérée comme “à faible risque”, tandis qu’un risque autour de 1:250 est “à haut risque” de trisomie 18. L’intervalle entre ces deux résultats indique un risque intermédiaire.
  • Dépistage prénatal non invasif (ADN fœtal). Analyse des fragments d’ADN fœtal présents dans le sang maternel. Le résultat n’est pas exprimé en ratio numérique, mais en “à faible risque” ou “à haut risque” pour la trisomie 18. Il est important de savoir que, bien qu’il soit extrêmement précis, le DPNI reste un dépistage et qu’un résultat à haut risque doit toujours être confirmé par un examen diagnostique.
  • Villosité choriale et amniocentèse. En présence d’un dépistage suspect et d’un risque élevé, on peut recourir à une villosité choriale (CVS) et/ou une amniocentèse. Ce sont des examens diagnostiques et, à la différence des tests de dépistage, ils permettent de confirmer la présence de la trisomie 18 et d’autres anomalies chromosomiques. Ces examens prévoient le prélèvement des villosités choriales (CVS) et du liquide amniotique (amniocentèse).

Ce sera l’analyse du caryotype qui constituera une confirmation supplémentaire, permettant d’observer directement les chromosomes fœtaux et d’identifier la présence ou l’absence du chromosome surnuméraire responsable de la trisomie 18, en distinguant la forme complète, mosaïque ou par translocation.

Prognostic : à quoi s’attendre

Les perspectives de vie pour la trisomie 18 restent malheureusement limitées. L’espérance de vie des enfants atteints du syndrome d’Edwards dépend de la forme génétique, de la gravité des malformations à la naissance et, donc, des fonctions vitales le plus touchées ou non.

Si plus de 95% des fœtus présentant une trisomie 18 complète vont vers une mort intra-utérine, parmi les naissances vivantes, une part importante décède dans les premières semaines ou les premiers mois de vie. Seuls 5–10% dépassent la première année et environ 1% atteignent des âges supérieurs à 10 ans, surtout dans les formes mosaïques, qui méritent un traitement à part car les chiffres ne reflètent pas toujours la réalité, avec de nombreux cas ayant dépassé largement les attentes.

Les causes principales de décès liées au syndrome d’Edwards sont l’apnée, des cardiopathies graves, l’insuffisance respiratoire, les infections et les anomalies rénales, ainsi que la malnutrition liée à des difficultés de déglutition.

Il est important de souligner que la survie et la qualité de vie ne coïncident pas nécessairement, et que le parcours clinique reste souvent imprévisible et conditionné par le niveau de prise en charge. Divers cas de naissances atteintes de trisomie 18, notamment mosaïques, ont dépassé l’adolescence et atteint l’âge adulte, avec des symptômes variables mais plus gérables.

Signes et symptômes chez le nouveau-né

Les naissances atteintes du syndrome d’Edwards présentent principalement les signes suivants :

  • poids faible à la naissance et retard de croissance, avec une accélération de la croissance lente par rapport à la normale.
  • microcéphalie et micrognathie, c’est-à-dire réduction du tour de tête et petitesse de la mâchoire, souvent associées à des malformations cranio-faciales telles que fente labiale et palatee.
  • mains fermées en poing avec superposition des doigts; le nouveau-né a tendance à fermer les poings et le pouce peut être recouvert par l’index et l’annulaire.
  • pied bot varus, c’est-à-dire une anomalie du pied présentant une plus grande concavité interne, une rigidité accrue et une inclinaison vers l’intérieur et le bas, dont la gravité peut varier.
  • hypotonie, faible vitalité et cri faiblement perceptible, associant un tonus musculaire bas, une réactivité réduite et généralement des difficultés de déglutition, avec des épisodes de crises respiratoires.

Malformations et problèmes de santé

Plus de 90% des naissances atteintes du syndrome d’Edwards présentent des malformations cardiaques congénitales, notamment des defects interatriaux et interventriculaires, qui peuvent être corrigés chirurgicalement et permettent d’améliorer considérablement le pronostic de nombreux enfants.

Des malformations de l’appareil gastro-intestinal sont fréquentes, ainsi que l’omphalocele avec éventration des organes abdominaux, qui interfèrent avec l’espace pulmonaire. On observe des troubles rénaux, ainsi que des anomalies oculaires et du système nerveux central, dont la présence et la gravité dépendent toujours de la forme de la trisomie 18 présente. Certaines formes d’épilepsie ont été constatées chez environ 20% des enfants atteints du syndrome d’Edwards et, dans quelques cas signalés dans la littérature, chez des jeunes adultes nés avec une trisomie 18 mosaïque.

Développement et handicap

Le syndrome d’Edwards induit un retard psychomoteur et cognitif moyen à sévère. Les capacités de communication sont extrêmement limitées et, dans la plupart des situations, le langage verbal et la marche autonome ne se développent pas, ce qui entraîne une autonomie personnelle très restreinte. Il faut évaluer la complexité des symptômes cognitifs et neurologiques et la présence concomitante de troubles multisystémiques.

Soins et traitements possibles

Il n’existe pas de cure ni de thérapie définitive pour le syndrome d’Edwards; le traitement est de type symptomatique et palliatif, ayant pour objectif le bien-être de l’enfant. Au fil du temps, il a été possible de traiter avec succès des symptômes plus lourds.

Les soins peuvent comprendre, surtout dès la période néonatale, un soutien respiratoire et nutritionnel, une alimentation artificielle, de la kinésithérapie, un soutien à la déglutition et, lorsque nécessaire, des interventions chirurgicales pour les malformations cardiaques, après une évaluation pluridisciplinaire et avec le consentement éclairé des parents.

Au cours de la croissance, surtout dans les formes mosaïques, l’orthophonie et la kinésithérapie se révèlent efficaces pour améliorer la qualité de vie de l’enfant et certaines thérapies, pharmacologiques et nutritionnelles, ont permis une meilleure gestion des cardiopathies congénitales et des troubles neurologiques, aidant à mieux accompagner la croissance.

Soutien pour les familles

Le soutien psychologique et social des familles fait partie intégrante du parcours de soins. Lorsque les conditions cliniques le permettent, l’objectif est le retour à domicile, avec un suivi après-vente et une meilleure qualité de vie pour l’enfant et les parents.

L’importance d’informer les familles de l’état clinique de l’enfant et de ses perspectives de vie est centrale, pour planifier une aide multidisciplinaire et soutenir le nouveau-né, afin de réduire au maximum la souffrance liée au syndrome lui-même.

Le pédiatre référent joue un rôle central dans la coordination des soins de santé spécialisés, y compris la rééducation et le soutien psychologique, car ce n’est qu’en prenant en compte tous ces aspects ensemble, lorsque la situation le permet, qu’il est possible d’obtenir une meilleure prognosis par rapport à des situations plus complexes, tout en respectant la personne, qu’elle vive un jour ou des années.

Article pensé et écrit par :
Avatar de Julie Ménard
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