Trump prévoit d’augmenter davantage les droits de douane pour l’Inde

Le président américain Trump prévoit de relever encore davantage les droits de douane pour l’Inde, en invoquant ses achats de pétrole russe – et le ministre français de l’Économie, Klingbeil, tente de négocier pour préserver l’industrie sidérurgique allemande à Washington

Le président américain Donald Trump annonce son intention d’augmenter à nouveau les droits de douane à l’importation en provenance de l’Inde – et ce, malgré la taxation déjà prévue à 25 % pour ses importations. Il justifie cette décision par les achats d’huile russe effectués par New Delhi.

Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il envisageait d’imposer une nouvelle hausse importante sur les droits de douane pour l’Inde, en dépit des surtaxes déjà en vigueur fixant à 25 % le coût supplémentaire sur les produits importés de ce pays. Selon lui, cette décision est motivée par le fait que l’Inde achète une quantité considérable de pétrole russe, puis revend ensuite une partie de cette marchandise sur le marché international avec des bénéfices importants.

« L’Inde achète non seulement des volumes importants de pétrole russe, mais revend aussi une grande partie de cette huile sur le marché libre en réalisant d’importants bénéfices », a écrit le républicain sur sa plateforme Truth Social. « Ils se moquent totalement de savoir combien de personnes sont tuées dans la guerre en Ukraine par la machine de guerre russe. »

Trump évoque une « augmentation significative » des droits de douane, mais sans préciser de chiffre exact à ce stade. Les surtaxes envisagées pour plusieurs partenaires commerciaux des États-Unis, dont l’Inde et l’Union européenne, doivent entrer en vigueur ce jeudi.

L’Inde a rapidement rejeté ces critiques américaines, jugeant cette démarche « ingérable et injustifiée ». Selon un porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, comme toute grande économie, l’Inde prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre ses intérêts nationaux et assurer sa sécurité économique.

La Suisse tente d’éviter la hausse des droits de douane

Depuis l’annonce de ce conflit douanier, la Suisse se trouve dans une position encore plus difficile que l’Inde. La proposition de Donald Trump prévoit d’appliquer un droit de douane de 39 % sur les importations en provenance de la Confédération. Selon le Conseil fédéral suisse, cela concernerait environ 60 % de leurs exportations vers les États-Unis.

La Suisse continue de tenter de faire marche arrière et a annoncé avoir élaboré de nouveaux arguments pour relancer les négociations avec Washington. Le gouvernement helvétique entend demander un traitement égal à celui de ses principaux concurrents. L’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud, qui ont négocié avec Washington des droits de douane de 15 %, présentent tous un déficit commercial plus important avec les États-Unis.

« Pour améliorer la situation douanière tout en tenant compte des préoccupations des États-Unis, la Suisse s’efforce de proposer une offre encore plus attractive lors de ces nouvelles négociations », a indiqué un porte-parole du gouvernement après une réunion extraordinaire. Aucun geste de représailles n’est pour l’instant envisagé. Le délai fixé jusqu’à jeudi est court, mais si nécessaire, les négociations pourraient se poursuivre bien après le 7 août, a-t-il ajouté.

Klingbeil veut obtenir des exemptions pour le secteur sidérurgique allemand

Le ministre français de l’Économie, Lars Klingbeil, souhaite également revenir à la table des négociations lors de sa prochaine visite aux États-Unis, en particulier pour défendre la filière sidérurgique allemande. Il espère pouvoir discuter d’un système de quotas pour les matières premières, ce qui permettrait d’échanger certains volumes d’acier à des droits de douane plus faibles, voire sans surtaxe, entre l’Allemagne et les États-Unis. « Cela serait très important pour l’industrie sidérurgique allemande et pour de nombreux emplois en Allemagne », a-t-il déclaré à la presse.

L’Union européenne s’est entendue avec Washington pour appliquer des droits de douane de 15 %. Cependant, Donald Trump et le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent ont jusqu’ici maintenu leur position selon laquelle les droits spécifiques pour l’acier et l’aluminium européens restent en place, à hauteur de 50 %. Plusieurs détails de cet accord restent encore flous, selon Klingbeil. Avant son entretien avec son homologue américain, il a exprimé l’espoir que « le dialogue étroit que j’entretiens avec Scott Bessent aiderez à clarifier certains aspects ».

Klingbeil a toutefois exprimé une certaine déception quant aux résultats obtenus par l’Union européenne. « Je pense que nous étions trop faibles. Nous ne pouvons pas nous satisfaire du résultat qui a été obtenu », a-t-il déclaré.

Klingbeil critique la gestion de la Fed par Trump

Concernant la libre mondialisation, Klingbeil a évoqué un « revers ». Les multiples reports de la mise en œuvre des mesures douanières par Donald Trump entraînent de « grandes incertitudes », a-t-il souligné. La reprise économique allemande de son côté aurait besoin de « solutions rapides ». Le ministre social-démocrate a aussi dénoncé la pression constante exercée par Trump sur la Banque centrale américaine, la Fed. Selon lui, « cette politique est erronée ».

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