Apprendre les tables de multiplication : méthodes efficaces et jeux pour enseigner aux enfants

Comment apprendre les tables de multiplication aux enfants ?

Le moyen traditionnel d’enseigner les tables de multiplication consiste à faire répéter les élèves de manière mnémotechnique, souvent un nombre indéfini de fois. Cette méthode demande beaucoup d’efforts et de persévérance de la part de l’enfant, et ses résultats restent souvent moyens. La répétition pure ne garantit pas toujours une bonne assimilation, mais constitue souvent une étape incontournable pour certains élèves.

De nos jours, plusieurs techniques populaires s’appuient sur les découvertes en neurosciences concernant le lien entre mouvement et cognition. Elles impliquent le corps et les mains dans le processus d’apprentissage, rendant souvent la mémorisation plus efficace et ludique.
Dans les écoles de style Steiner, par exemple, l’apprentissage des tables se fait en marchant ou en frappant des mains au rythme. Le procédé psychomoteur, utilisé aussi dans certaines écoles Montessori, consiste à associer chaque table à un geste précis. Selon ces approches, chaque enfant trouve son propre rythme de mouvement, et grâce à la répétition corporelle, gagne en assurance dans la réalisation des opérations mathématiques.

Il existe également des méthodes inspirées de traditions asiatiques, où l’on utilise une table semblable à la table de Pythagore, mais avec la moitié des nombres. Dans cette version chinoise, on élimine les 0 et 1 (puisque tout nombre multiplié par 1 reste inchangé et par 0 donne toujours 0), supprimant ainsi tous les calculs redondants de la table pythagoricienne. En exploitant la propriété commutative de la multiplication (par exemple, 3×5=5×3), on enseigne très tôt aux enfants que certains résultats se répètent, ce qui réduit de manière significative la quantité de memorisation, passant de 81 à 36 résultats à retenir.

Voici d’autres astuces pour apprendre les tables de multiplication, très répandues dans les écoles françaises :

  • Le méthode analogique de Camillo Bortolato : elle consiste à utiliser des outils spécialement conçus, qui, par association d’images et de sons, accompagnent l’enfant dans la mémorisation des tables. Ces supports favorisent la création d’une image mentale des résultats, même avant qu’ils ne soient mémorisés par cœur.
  • La méthode indienne, ou truc de Fibonacci : plutôt qu’un véritable système d’apprentissage, il s’agit d’une technique permettant d’apprendre plus rapidement certaines tables. Elle remonte à Leonardo Fibonacci, un mathématicien italien du XIIe siècle, lui-même influencé par la mathématique védique. La méthode consiste à apprendre les tables jusqu’au 5, puis à utiliser une astuce pour calculer celles suivantes : par exemple, pour 7×8, on soustrait 5 à chaque facteur (7-5=2 et 8-5=3), puis on élève la main pour compter les doigts correspondant à ces valeurs. Les doigts levés indiquent le premier chiffre (5), et en multipliant les doigts abaissés (2×3=6), on obtient la seconde partie du résultat, soit 56.
    Ce truc est applicable à toutes les tables au-delà de 5, ce qui simplifie considérablement l’apprentissage.

Existe-t-il une méthode Montessori pour apprendre les tables de multiplication ?

La méthode Montessori propose un parcours d’apprentissage progressif, dès la Petite École (ou « maison des enfants »), où les élèves commencent à comprendre la multiplication à travers des supports concrets.
Ils manipulent des matériaux spécifiques permettant de visualiser concrètement l’addition répétée, étape essentielle pour comprendre la multiplication comme une opération de regroupement ou de répétition.

En école primaire, l’apprentissage se poursuit avec divers outils, car l’objectif de Maria Montessori était d’apporter aux enfants différentes perspectives sur le même phénomène ou concept. Ainsi, apprendre les tables ne se limite pas à la simple répétition. Cela devient un processus plus élaboré, favorisant la compréhension profonde.

Parmi ces supports, on trouve le célèbre tableau de mémorisation : une planche carrée avec 100 emplacements, dans lesquels on peut insérer des perles. Au sommet de chaque colonne, sont imprimés les chiffres de 1 à 10. Sur la moitié gauche de la planche, un trou permet d’insérer un carton représentant le multiplicateur. Au début, l’élève déplace un pion dans un trou situé en haut à gauche, qui change à chaque étape, suivant la table à apprendre. Ensuite, à l’aide de perles, il représente le produit. Par exemple, pour 3×1, il place 3 perles dans la colonne du 1, et pour 3×2, il déplace le pion sur le 2, puis laisse 3 perles dans la colonne correspondante. Pendant l’exercice, l’enfant note le résultat sur des fiches ou des supports prévus à cet effet, se concentrant ainsi sur la mémorisation et la compréhension en même temps.
Chacun dispose d’une dizaine de modules pour chaque table, permettant d’aborder la multiplication de façon concrète et ludique. Ce matériel, parmi d’autres, favorise l’analyse, la réflexion, la comparaison, et permet à l’élève d’élaborer une « bibliothèque mentale de modèles » comme le souligne le psychologue Stanislas Dehaene.

Apprendre les tables selon la méthode Montessori n’a rien de fastidieux ou terrifiant : les enfants, souvent sans s’en rendre compte, jouent avec des matériaux qui stimulent leur mémoire par la manipulation. Ceux-ci vont du matériel du « décanomio » (représentation graphique de la table pythagoricienne), aux chaînes de perles, en passant par des tables de multiplication spécifiques. Ces outils facilitent la répétition des séquences et renforcent la compréhension intuitive des opérations.

Jeux pour apprendre les tables de multiplication

Est-il possible d’apprendre en s’amusant ? La réponse est oui. Parmi les activités ludiques pour assimiler les tables, on trouve aussi bien les jeux de cartes classiques que des jeux moteurs plus dynamiques. Par exemple, des chasses au trésor où, au lieu de résoudre des énigmes, les enfants doivent effectuer des opérations de multiplication pour trouver des indices, ou encore des relais ou parcours à obstacles où il leur faut associer une opération au résultat correct.

Les jeux statiques ne manquent pas non plus. La « tombola des multiplications » consiste à tirer au hasard des opérations plutôt que des numéros seuls, tandis que la bataille navale peut être transformée en jeu de coordonnées utilisant les tables de multiplication. Ces activités favorisent l’apprentissage de façon détendue, en associant plaisir et travail.

Il est aussi possible d’incorporer des comptines, des chansons ou des histoires pour renforcer l’apprentissage. Mais, dans ce cas, il est important de vérifier que l’enfant a bien compris le processus qui mène à la table, et ne se contente pas de mémoriser la ritournelle sans avoir compris la logique mathématique qui la sous-tend.

Un autre support ludique est le mandala des tables : un cercle doté de dix piquets (qu’on peut fabriquer en carton, bois ou polystyrène chez soi), chacun numéroté de 0 à 9. En utilisant une corde, on commence en zéro et, en répétant la table de multiplication, on déroule la corde autour des piquets selon l’ordre. Par exemple, pour la table du 2, on va de 0 à 2, puis de 2 à 4, etc., jusqu’à atteindre 20. Ce tracé géométrique permet d’illustrer visuellement comment évoluent les résultats, tout en matérialisant concrètement les concepts abstraits, en reliant les chiffres aux formes géométriques.

Article pensé et écrit par :
Avatar de Julie Ménard
Laisser un commentaire

un × trois =