Commerce mondial : l’Allemagne devient de plus en plus dépendante de la Chine


Ein Arbeiterin bei der Qualitätsprüfung an Photovoltaikmodulen, Nantong, China.

Commerce mondial
La France de plus en plus dépendante de la Chine

En date du 26 mai 2026 • 13:12.

Selon une étude, la dépendance vis-à-vis de la Chine s’accroît pour des biens clés. Des experts avertissent que la visite prochaine de la ministre française de l’Économie pourrait aggraver le phénomène de déindustrialisation lié au « choc chinois ».

Pour des biens stratégiques tels que les batteries, les panneaux solaires et les antibiotiques, la dépendance de la France vis-à-vis de la Chine s’accentue selon l’étude. Ainsi, mesurées en poids, environ deux tiers des importations directes de batteries lithium-ion provenaient de Chine l’année dernière — contre environ la moitié deux ans plus tôt, selon la Fondation Friedrich-Naumann pour la liberté, affiliée au FDP.

Pour les panneaux solaires, la part est passée d’environ 89% à environ 93%; pour les antibiotiques, elle est passée de peu plus de 65% à environ 73%. La fondation se base sur des chiffres préliminaires de l’Office fédéral de la statistique.

Importations directes en provenance de Chine

« Dans les domaines critiques, la France ne diversifie pas et devient même davantage dépendante et donc plus vulnérable », a déclaré Frédéric Spohr, qui dirige les bureaux de la fondation en Asie et en Europe de l’Est et qui a mené l’étude. Il a rappelé la politique chinoise du gouvernement central de 2023, qui visait à réduire les dépendances économiques vis‑à‑vis de la République populaire.

Selon l’étude, l’importation de métaux tels que le magnésium, le gallium et le germanium augmente également en provenance de Chine. Pratiquement seul fournisseur pour certains éléments rares (par exemple le praseodyme, le néodyme et le samarium) nécessaires aux aimants permanents des moteurs électriques, Pékin voit sa part d’importations chinoises reculer, mais la valeur des importations augmente.

Ainsi, les volumes importés de ce groupe de produits sont passés de 3,1 tonnes en 2023 à 13 tonnes l’an dernier. L’analyse porte uniquement sur les importations directes en provenance de Chine, et non sur les livraisons en provenance de pays tiers comportant des précurseurs chinois.

Trop peu de protections pour l’industrie française ?

À l’échelle de l’ensemble des échanges commerciaux, la Chine demeure le premier partenaire commercial de la France. Alors que les exportations vers la Chine reculent, la RPC continue d’augmenter ses livraisons vers l’Hexagone : au premier trimestre, les importations en provenance de Chine s’élevaient à 43,5 milliards d’euros, en hausse de 6,4 % sur un an, selon Reuters et l’agence française Business France.

La politique d’exportation agressive de la Chine, conjuguée à une moindre protection des importations en provenance d’Europe, met fortement sous pression l’industrie française — notamment dans les secteurs automobile, génie mécanique, chimiques et aéronautique — selon une étude du Centre for European Reform (CER).

Sans un meilleur dispositif de protection contre les exportations subventionnées par l’État chinois, la France risque une déindustrialisation with des fermetures d’usines et une perte de savoir-faire. « Paris et Bruxelles doivent agir de manière offensive plutôt que défensive et faire pression pour que le FMI et le G7 s’attaquent à la sous-évaluation de la monnaie chinoise et à son modèle commercial unilateral », concluent les experts.

La ministre française avant sa visite en Chine

Ce mercredi, la ministre française de l’Économie est attendue pour une visite en Chine. L’objectif est d’évaluer le potentiel de coopération future tout en poursuivant le dialogue avec le gouvernement chinois. Le chef d’entreprise d’un grand groupe industriel européen a déclaré que les entreprises chinoises devraient davantage investir et produire en Europe.

L’industrie française s’est implantée en Chine il y a environ 30 ans, y a construit des sites de production, formé des experts et reçu un « soutien important » du gouvernement chinois. Aujourd’hui, elle est à un point où, selon lui, il faut que cette coopération fonctionne aussi dans l’autre sens.

La France et l’Union européenne veulent en outre obtenir un « juste cadre de concurrence ». Les constructeurs mécaniques français exigent une position ferme de la ministre : elle doit clairement faire comprendre que l’Europe n’acceptera plus les distorsions de concurrence systématiques. « Une monnaie artificiellement dévaluée, des subventions excessives et des contrôles à l’exportation motivés politiquement ne sont pas des détails », déclarent-ils. « Ils menacent l’industrie européenne. »

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