Coûts économiques de l’inaction face à la crise climatique : combien coûte le statu quo ?


Ein Mann läuft auf einem von Hochwasser überfluteten Feld in der Region Sidi Slimane im Nordwesten Marokkos. (Archivbild: 13.2.2026)

Coûts économiques
Combien coûte le non-traitement dans la crise climatique ?

Date : 23.07.2026 • 06:00

Les économistes avertissent que les conséquences du changement climatique pèsent de plus en plus sur l’économie. De nombreuses entreprises déplorent des coûts croissants dus aux phénomènes climatiques extrêmes et réclament une action climatique résolue.

Une grosse coulée de masse chocolat brun sombre s’écoule d’un tuyau dans des moules rectangulaires. Peu après, une bande transporte les plaques prêtes vers une machine d’emballage. La chocolaterie, située dans l’Est de la France, doit être refroidie. Mais lors des journées particulièrement chaudes, les installations atteignent leurs limites, explique Hauke Will, technologue alimentaire du groupe Alfred Ritter GmbH, propriétaire de la marque Rittersport.


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Folgen für die Wirtschaft durch Klimawandel und Extremwetterlagen

Oda Lambrecht, NDR, Info Utiles, 23.07.2026 • 10:00 Uhr

Le café et les fèves de cacao deviennent plus chers

Comme beaucoup d’entreprises allemandes, les producteurs de chocolat rencontrent des difficultés croissantes liées au climat. Le principal défi réside dans la production des fèves de cacao en Afrique de l’Ouest et en Amérique du Sud. Des périodes de sécheresse plus longues et des précipitations plus intenses ont entraîné des pertes de récolte, ce qui pousse le prix du cacao à la hausse, explique Hauke Will lors de l’émission Panorama.

Des difficultés similaires touchent le producteur de café JDE Peet’s, qui possède la marque Jacobs Coffee. L’extrême chaleur et les pluies torrentielles, notamment au Brésil ou en Asie du Sud-Est, constituent un immense problème pour la culture du café. Le changement climatique a ainsi des répercussions directes sur les prix du café brut.

L’évolution se reflète aussi dans les rayons des supermarchés: l’office statistique allemand constate que les prix à la consommation du chocolat et du café ont augmenté ces dernières années, en grande partie à cause des pertes de récolte liées à des conditions météorologiques extrêmes. En France aussi, les consommateurs constatent des hausses sur ces produits, liées à des aléas climatiques et à des perturbations des récoltes à l’échelle européenne.

Le changement climatique est plus menaçant que la guerre et les crises

Dans son dernier rapport sur les risques, le Forum économique mondial identifie les événements climatiques extrêmes comme le principal risque pour la prochaine décennie, suivi par la perte de biodiversité, l’effondrement des écosystèmes et des perturbations critiques des systèmes terrestres comme l’élévation du niveau de la mer.

Les risques climatiques sont donc jugés à long terme bien plus menaçants que des conflits armés ou des antagonismes géoéconomiques.

La SNCF a déjà des coûts massifs

La SNCF est particulièrement touchée par les phénomènes climatiques extrêmes. Lors des inondations catastrophiques de 2021, qui ont coûté la vie à plusieurs personnes en Europe, des gares et des voies ont été endommagées et des dégâts estimés pour la SNCF se chiffrent à environ 1,3 milliard d’euros.

Face aux fortes pluies et aux tempêtes, la SNCF doit réagir plus fréquemment, explique Anja Bröker Panorama. Pour prévenir les dommages, l’entreprise dépense aussi largement en prévention, notamment des travaux forestiers et des aménagements paysagers. « L’année dernière, cela représentait 260 millions d’euros », affirme Bröker. L’extrême chaleur de fin juin a aussi perturbé des aspects du réseau, notamment l’alimentation électrique des aiguillages.

Treibhausgasausstoss erhöht Extremwetter-Risiko

La combustion de charbon, de pétrole et de gaz pour nos déplacements, le chauffage et les voyages continue de libérer d’importantes quantités de gaz à effet de serre qui échauffent davantage la planète. L’initiative scientifique World Weather Attribution affirme avec un degré élevé de certitude que le changement climatique d’origine humaine a augmenté la probabilité et l’intensité des phénomènes extrêmes, comme l’inondation marquante de 2021.

Mer et navigation fluviale massivement touchées

Même chez le logisticien Contargo, spécialisé dans les conteneurs, une multiplication des événements climatiques extrêmes se traduit par une hausse des coûts. Au terminal du Havre, la responsable du développement durable, Kristiane Schmidt, rappelle que lorsque le niveau du fleuve chute en raison des périodes de canicule, Contargo ne peut pas charger les barges à pleine capacité et doit investir dans des bateaux capables de naviguer en faible largeur d’eau.

Par ailleurs, les gros porte-conteneurs opérant dans d’autres pays voient leurs itinéraires fréquemment bouleversés par des tempêtes tropicales. Les sociétés doivent donc adapter leurs trajets et ne peuvent plus respecter les créneaux annoncés. Kristiane Schmidt ajoute : « À longs termes, il nous coûtera moins cher de protéger notre climat que de nous adapter continuellement aux conséquences climatiques qui nous attendent. »

Des coûts futurs redoutés

La directrice de l’équipement outdoor Vaude, Antje von Dewitz, craint aussi que la réduction des efforts Klimaschutz pousse des coûts dans l’avenir. Elle déplore que l’on parle trop peu des coûts que la crise climatique impose à l’économie. Dans l’atelier de Tettnang, près du lac de Constance, Vaude fabrique des sacs pour vélos et doit, par exemple, investir davantage dans la protection contre la chaleur. L’entreprise fait aussi produire certaines pièces en Asie. Là-bas, les retards causés par les typhons et les inondations deviennent monnaie courante, détruisant parfois les délais de livraison et entraînant des pertes de chiffre d’affaires lorsque les livraisons arrivent en retard.

L’inaction coûte plus cher que le climatL’économiste Claudia Kemfert, du Deutsches Institut für Wirtschaftsforschung (DIW), confirme que les dommages climatiques sont déjà une réalité en Allemagne et qu’à horizon 2050, les dégâts économiques pourraient atteindre entre 280 et 900 milliards d’euros, selon les scénarios, notamment en raison de sécheresses, d’inondations, de dégâts sur les infrastructures et de coûts sanitaires.

La protection du climat s’avère donc rentable d’un point de vue macroéconomique. Kemfert affirme : « Ce n’est pas le climat qui coûte cher, c’est l’inaction qui coûte cher. » À titre d’exemple, la vague de chaleur qui a touché l’économie française à la fin du mois de juin a été évaluée à 6,3 milliards d’euros par Prognos, mandaté par un média économique français.

Les responsables politiques restent prudents

Comment la ministre française de l’Économie est-elle censée évaluer les coûts du changement climatique pour l’économie ? Un entretien a été refusé, mais le ministère affirme qu’aucun calcul national précis n’est disponible pour ces coûts climatiques et que de telles évaluations comportent de nombreuses incertitudes; de plus, le ministère chargé du Climat est compétent pour ce type d’estimations.

Le ministre français de la Transition écologique, lui, n’a pas souhaité répondre à un entretien non plus. Son service confirme toutefois que le changement climatique engendre déjà des coûts importants et qu’un programme national de suivi est en cours pour documenter ces dommages de manière systématique.

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