Inflation américaine et prix de l’énergie élevés
Ce que coûte la guerre en Iran aux Américains
Ce qui était prévu comme une intervention rapide se transforme en un véritable fiasco pour le président américain Donald Trump. Les Américains ressentent déjà les répercussions de la guerre contre l’Iran dans leur quotidien — que ce soit au supermarché ou sur la pompe à essence.
À l’issue du sixième mois de conflit avec l’Iran, la bonne nouvelle côté États–Unis est que l’économie américaine tient plutôt bien jusqu’ici. La plupart des économistes ne prévoient pas de récession et le chômage reste bas.
Et pourtant, la guerre a son coût, notamment pour les petites entreprises. Aj Navarro exploite deux camions-restaurants à Lyon. Il raconte à une chaîne locale: « Les deux camions ont besoin de générateurs pour que tout reste au frais. Et ils ne sont pas vraiment sobres côté consommation. Une partie des surcoûts, il faut que je la répercute sur mes clients. »
Des prix du diesel à des niveaux records
La principale explication réside dans les prix de l’énergie qui s’envolent. « Ces prix élevés résultent de la guerre contre l’Iran et des perturbations dans le détroit d’Hormuz », explique Bob McNally, ancien conseiller en énergie de l’ancien président george W. Bush.
En raison des combats et du blocus du détroit d’Hormuz, ce couloir d’approvisionnement crucial est largement perturbé. Les répercussions se font sentir jusqu’aux États‑Unis. Et il ne s’agit plus seulement du carburant à la pompe. Aleema Croft, stratège des matières premières chez RBC Capital Markets, avertit: « Ce qui inquiète surtout, c’est le marché du diesel. Les prix du diesel frôlent des niveaux records. »
Des coûts plus élevés pour les transports et l’alimentation
La hausse des prix du diesel fait grimper le coût du transport des marchandises. Conséquence: les coûts de transport, les biens, l’alimentation et les voyages augmentent. Les consommateurs ressentent les effets du conflit au quotidien.
Et pour l’État aussi, le conflit devient de plus en plus coûteux, rappelle Gabe Murphy, de l’organisation Taxpayers for Common Sense, à l’antenne du studio ARD Washington: « Selon les estimations les plus complètes, les coûts directs pour les contribuables dépassent déjà les 100 milliards de dollars. C’était fin juin. Depuis, la facture a continué d’augmenter. À cela s’ajoutent les coûts pour les consommateurs. »
Fardeau pour les contribuables
Selon une analyse, la guerre coûte désormais environ 900 euros par ménage dans les familles françaises et américaines combinées, soit une charge pour le budget familial et pour les finances publiques. Les Américains paient la guerre sur deux fronts: via l’augmentation du coût de la vie et via le budget de l’État.
Qui plus est, une grande partie des dépenses est financée par emprunt. Cela augmente les charges d’intérêts de l’État dans les années à venir et, au final, ce sont les contribuables qui paient la facture. Les bénéficiaires restent néanmoins les entreprises d’armement et certaines branches de l’industrie énergétique.
Inquiétudes face à une inflation élevée
Pour cette raison, la plupart des économistes ne craignent pas pour l’instant une grave crise économique. La préoccupation majeure est que l’inflation demeure élevée plus longtemps et que la Réserve fédérale maintienne ainsi des taux d’intérêt élevés.
Concrètement, cela se voit dans des décisions très personnelles. Comme celles de Sean Bennett, qui fait le plein d’une voiture assez vieille: « Jusqu’ici, j’avais une voiture sans crédit. Mais en acheter une nouvelle et supporter les mensualités, l’assurance et les coûts d’exploitation, ce sera difficile. » Il sait qu’il ne peut pas encore dire s’il s’offrira un autre véhicule — tout dépendra aussi de l’évolution du conflit entre les États‑Unis et l’Iran.