La domination masculine chez les primates : une réalité pas toujours assurée

Si incrina il mito del maschio alfa: tra primati, le lotte tra maschi e femmine sono sorprendentemente frequenti

Pendant longtemps, nous avons pensé que le pouvoir chez les primates était essentiellement favorable aux mâles, et que les sociétés où les femelles occupaient des postes de commandement étaient rares, voire exceptionnelles. Cependant, une analyse approfondie de plus d’un centaine de déclarations d’observation concernant différentes espèces de primates démontre que cette idée reçue est erronée : les conflits entre mâles et femelles au sein des primates sont en réalité beaucoup plus courants qu’on ne le pensait auparavant.

De plus, en cas de conflit, il n’est pas du tout garanti que ce soient systématiquement les mâles qui l’emportent. Les facteurs qui permettent aux femelles de prendre le dessus ne reposent pas nécessairement sur leur force brute. Cette étude a été publiée dans la revue PNAS.

Des affrontements fréquents entre sexes opposés

Une équipe de chercheurs issus des Universités de Montpellier (France), de l’Institut Max Planck pour l’Anthropologie Evolutionniste à Leipzig et du Centre de Primatologie Allemand de Göttingen a analysé 253 observations détaillées de conflits impliquant 121 espèces différentes de primates afin de comprendre pourquoi et comment évoluent les rapports de pouvoir entre mâles et femelles dans ce groupe animal.

Les premières surprises sont apparues rapidement. Tout d’abord, près de la moitié des interactions agressives mettaient en scène un mâle et une femelle. Lorsqu’éclate une altercation, il est donc aussi probable qu’elle oppose deux individus de sexes opposés que deux individus du même sexe. Pourtant, les recherches antérieures avaient tendance à se concentrer principalement sur les combats entre mâles ou entre femelles, peut-être en raison de l’idée que les mâles et femelles se disputaient des ressources différentes.

Mais qui, dans ces conflits, a généralement le dernier mot ? Là aussi, l’analyse a révélé une réalité plus complexe que celle de l’univers dominé par les « mâles alpha » que l’on avait imaginé. Les rares sociétés de primates dirigées par des femelles, telles que celles des bonobos ou des lémuriens à queue annelée, restent une exception.

« Des études récentes ont commencé à remettre en question la vision traditionnelle qui considère la dominance masculine comme la norme. Notre recherche offre une investigation encore plus complète sur la façon dont varient les relations de dominance entre les sexes », explique Peter Kappeler, du Centre de Primatologie Allemand.

Sur les 151 populations étudiées, seules 25 étaient dominées par les mâles (c’est-à-dire dans plus de 90 % des cas). Celles où les femelles ont le dessus représentaient seulement 16 sur 151. Dans le reste des cas, c’est-à-dire dans 70 % des populations étudiées, le pouvoir n’était détenu ni par les mâles ni par les femelles de façon prédominante, ou il était simplement modéré et partagé entre eux.

Les conditions propices à un matriarcat

Les populations où le pouvoir est majoritairement féminin sont souvent celles où le mode de vie est monogame, ou où les mâles et les femelles ont des tailles similaires, ou encore dans celles où la recherche de nourriture se réalise principalement à partir des arbres. Ce sont toutes des situations dans lesquelles les femelles ont une plus grande capacité à choisir leur partenaire, ainsi qu’à se nourrir de façon autonome.

Un autre facteur favorisant la domination des femelles est celui dans lequel elles doivent rivaliser entre elles pour accéder aux ressources ou lorsque les conflits avec les mâles présentent un risque moindre pour leurs petits — par exemple, parce que ces derniers ne suivent pas leur mère lors des sorties à la recherche de nourriture.

Chez les populations où les mâles sont plus gros que les femelles, ou dans celles où la chasse se déroule principalement au sol, il est plus probable que le pouvoir leur soit favorable. Ces conditions facilitent leur domination et leur accès aux ressources ou à la reproduction.

Et l’humain dans tout ça ?

Cette recherche ouvre également la voie à des réflexions sur la dynamique sociale humaine. Le fait que la majorité des populations de primates ne présente pas de divisions claires du pouvoir selon le genre remet en question la vision patriarcale qui tente de légitimer la domination masculine en se basant sur une supposée « nature » codée. En réalité, dans la nature, il n’existe pas de règles fixes ou absolues, mais un vaste spectre de relations avec leurs nuances et particularités.

De plus, en raison de ses caractéristiques, l’homme se rapproche davantage des primates dans lesquels plusieurs individus, hommes comme femmes, peuvent devenir dominants ou partager le leadership. La complexité des rapports de pouvoir chez nos proches cousins primates complexe donc le concept de patriarcat comme étant une norme universelle.

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