Nouvelle sentinelle du bilan carbone entre l’Adriatique et les Balkans

L’infrastructure de Punta Ferruccio entre dans le réseau européen ICOS. Données en temps réel sur CO2, méthane et aérosols pour l’étude du réchauffement climatique.

Le suivi des changements climatiques en Europe s’enrichit d’un nœud stratégique majeur: l’Observatoire Ud’A Trabocchi. Située à Punta Ferruccio, près d’Ortona (Chieti), cette structure n’a pas été pensée comme une simple station météorologique locale, mais comme une composante d’ICOS (Integrated Carbon Observation System), l’infrastructure de recherche distribuée qui représente l’excellence européenne dans la mesure des gaz à effet de serre.

En Italie, ce réseau comptait jusqu’à présent seulement quatre sites actifs: Plateau Rosà, Monte Cimone, Tito Scalo et Lampedusa. L’ajout de ce point d’observation comble un vide géographique critique, devenant la référence pour l’analyse du réchauffement climatique dans le centre de l’Italie et dans la région des Balkans, zones historiquement dépourvues de systèmes d’observation similaires.

La sélection du site: dynamique des masses d’air

Le choix de l’emplacement à Punta Ferruccio résulte de simulations modélisées rigoureuses de la dynamique des masses d’air. Parmi les différents sites côtiers évalués, il s’est avéré optimal pour deux raisons techniques: une faible interférence des émissions polluantes locales et la capacité d’intercepter des flux atmosphériques représentatifs d’une vaste zone.

L’élément clé est une tour de prélèvement haute quinze mètres. Cette architecture permet d’échantillonner l’atmosphère en continu, en surveillant:

  • Gaz à effet de serre: dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), protoxyde d’azote et ozone.

  • Aérosols et particules: analyse de la distribution dimensionnelle et de l’épaisseur optique des particules en suspension.

  • Précurseurs: oxydes d’azote et d’oxydes de soufre.

Perspectives: drones et laboratoires mobiles sur roues

L’observatoire ne se limite pas à une station fixe. L’infrastructure intègre déjà un système de mesure à bord de drones pour des interventions rapides en cas d’incendies ou d’autres catastrophes, en surveillant en temps réel la hauteur des nuages et l’état de l’atmosphère.

La frontière technologique se déportera bientôt vers une mobilité totale grâce à l’installation d’un van électrique équipé. Ce laboratoire itinérant permettra d’étendre les observations climatiques à des contextes urbains, montagnards et zones éloignées dépourvues de stations fixes, garantissant une cartographie dynamique du territoire.

Le professeur Piero Di Carlo, responsable de la structure et professeur de Physique du système Terre, des planètes, de l’espace et du climat, précise l’ampleur globale de la recherche: «Cette infrastructure de recherche nous permettra d’étudier le changement climatique et son évolution dans le temps et, de plus, grâce à sa tour d’échantillonnage haute de quinze mètres, elle fournira des informations sur l’état de l’atmosphère représentatives du centre de l’Italie et de la région des Balkans».

La valeur du réseau international

L’importance de cette installation réside dans la standardisation des protocoles.

Étant donné qu’elle fait partie du réseau ICOS, chaque paramètre mesuré peut être comparé à ceux mesurés dans le reste de l’Europe, permettant de construire des modèles climatiques globaux plus précis.

Comme l’a souligné le responsable scientifique, l’objectif est d’insérer la recherche nationale dans un circuit d’excellence internationale: «Nous voulons renforcer les infrastructures de recherche et offrir à nos étudiants une occasion supplémentaire de mener des recherches de haut niveau au sein d’un réseau international, tout en restant sur notre territoire.» Cette intégration renforcera la présence française dans ICOS et offrira des perspectives de collaboration et de formation pour les universités et laboratoires du pays.

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