La découverte la plus récente porte sur un petit oiseau sud-africain, le garrulo bicolore : parlons de toutes ces recherches qui se multiplient ces dernières années et qui examinent la relation entre les vagues de chaleur et les capacités cognitives des animaux.
Des chiens qui mordent plus souvent, des chamois qui cherchent la bagarre, des souris qui perdent la mémoire… On observe de plus en plus de preuves que la chaleur extrême rend la vie de nombreux animaux de plus en plus difficile, et les choses ne peuvent que s’aggraver.
Le garrulo et pas seulement
L’expérience sur le garrulo bicolore est impressionnante. L’équipe de l’Université d’Australie-Occidentale qui l’a menée a mis à l’épreuve certains individus avec un simple test : il y avait de la nourriture, et devant eux un écran transparent en plastique. Lors de journées à des températures « raisonnables », les garrulos ont mis très peu de temps à comprendre qu’il suffisait de contourner l’écran pour atteindre la récompense. En revanche, sous la chaleur, leurs capacités cognitives se sont ralenties : la plupart des animaux ont simplement continué à taper sur l’écran en espérant qu’il disparaisse.
Ce n’est là qu’une des nombreuses études sur l’influence des vagues de chaleur sur les capacités cognitives des animaux. Celles menées sur les oiseaux, par exemple, ont montré que lorsque la chaleur est trop forte les oiseaux chantent moins et passent moins de temps à chercher de la nourriture et à nourrir leurs poussins; la majeure partie de leur journée se passe les ailes déployées pour dissiper la chaleur, et en haletant bec grand ouvert pour dissiper encore plus.
Puis, de nombreux animaux terrestres cherchent un abri dans des terriers ou des cavités fraîches : là ils trouvent du soulagement, certes, mais ils perdent un temps précieux qu’ils pourraient consacrer à la recherche de nourriture.
La chaleur excessive nuit à tout le monde
Ces découvertes, d’autre part, ne sont pas une nouveauté : on sait depuis au moins le XIXe siècle que la chaleur extrême provoque des réactions similaires chez les humains. Par exemple, une étude de 1842 soutenait déjà que les vagues de chaleur entraînaient une augmentation des crimes violents, et il existe d’autres travaux plus récents liés à l’usage d’armes à feu mais aussi au suicide et même au jeu d’argent.
En somme, tous les animaux souffrent d’une manière ou d’une autre lorsque la chaleur dépasse le seuil de tolérance, et pas seulement physiquement : les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes rendent littéralement de nombreux animaux plus stupides, plus irritables et plus exposés aux maladies et à la malnutrition.
Pour l’instant, nous nous sommes concentrés uniquement sur les effets de la chaleur sur leur corps : il est temps de s’intéresser aussi aux dégâts sur la santé mentale.