Le 5 août 2026, un morceau d’un étage supérieur d’un razzo Falcon 9 va frapper la surface lunaire à une vitesse de 8 700 km/h. Découvrez les détails techniques, le site de l’impact et pourquoi il n’y a pas de danger.
Le 5 août 2026 la surface lunaire accueillera un invité inattendu : l’étage supérieur épuisé d’un véhicule Falcon 9 de SpaceX. L’objet est resté en orbite pendant plus d’un an après avoir achevé sa mission. Aucun drame et aucun danger immédiat, mais cet événement pose des questions cruciales sur la gestion des débris spatiaux.
D’où vient le « projectile » spatial ?
Tout commence le 15 janvier 2025, lorsque un Falcon 9 décolle pour placer en orbite deux sondes lunaires privées : le lander Blue Ghost 1 de Firefly Aerospace et le japonais HAKUTO-R M2 d’ispace.
Alors que le premier a écrit l’histoire avec un alunissage parfait sur la Mare Crisium le 2 mars, le second s’est malheureusement écrasé à cause d’une défaillance technique. L’étage supérieur du lanceur (catalogué comme 2025-010D) est resté piégé sur une orbite fortement elliptique autour de la Terre. Tous les 26 jours, sa trajectoire s’est étendue au-delà de la Lune, jusqu’à aujourd’hui : le parcours a désormais une issue définie.
Les détails techniques de l’impact
Selon Bill Gray, astronome et auteur du logiciel Project Pluto, l’étage frappera la Lune près du cratère Einstein, sur le limb ouest, à 8 h 44, heure française, le 5 août 2026.
Voici les chiffres de l’impact :
-
Poids : environ 4 000 kg
-
Longueur : 13,8 mètres
-
Vitesse : 2,43 km/s (environ 8 700 km/h)
Étant donné que la Lune est dépourvue d’atmosphère, le Falcon 9 ne brûlera pas lors de sa descente et touchera le sol pratiquement intact. L’angle d’impact sera d’environ 34 degrés. Gray prévoit la formation d’un double cratère, similaire à celui laissé en 2022 par un étage chinois, mesurant entre 16 et 18 mètres de diamètre.
Une identification certaine ( sans ambiguïté )
Cette fois, il n’y a aucun doute sur l’identité de l’objet. Quatre ans plus tôt, un débris initialement attribué à SpaceX s’est révélé appartenir à la mission chinoise Chang’e 5-T1. Dans ce cas précis, le traçage a commencé dès le lancement. Au 26 février 2026, on recensait déjà plus de 1 053 observations indépendantes.
Sera-t-il visible depuis la Terre ?
L’impact se produira sur le côté visible de la Lune, qui à ce moment-là sera éclairée par un peu plus de la moitié de son disque. Bien que Gray envisage une observation depuis le Maine avec son télescope, les espoirs des astronomes amateurs restent modestes. La lumière émise sera probablement trop faible pour être détectée depuis la Terre, tout comme ce fut le cas en 2009 lors de la mission LCROSS de la NASA.
Aucun risque, mais un avertissement pour l’avenir
Gray a été sans équivoque : l’événement ne présente aucun danger pour les rovers ou les infrastructures lunaires en place.
Toutefois, le problème concerne le long terme.
Avec les plans de la NASA et de la Chine pour des bases permanentes au pôle sud de la Lune, le trafic spatial est appelé à augmenter d’environ dix fois. Laisser des étages épuisés en orbite chaotique pourrait devenir un risque réel pour les futurs astronautes. L’épisode du Falcon 9 2025-010D n’est pas une catastrophe, mais un utile rappel : il est temps de planifier des orbites de mise au rebut plus sûres pour les géants d’acier que nous envoyons dans l’espace.